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Religion au Mexique
Les frères franciscains n'eurent pas trop
de mal à convertir les Indiens du Mexique, dominés par la magie, aux rites
de l'Eglise catholique où ils retrouvaient quelque chose
du surnaturel à quoi ils étaient habitués.
Pour eux, Jésus fut d'abord la réincarnation du dieu
Quetzacóatl. L'or des autels, l'odeur de l'encens, les
chants liturgiques, le carillon des cloches les acquirent à
leur nouvelle foi au moins autant que la prédication des
missionnaires espagnols. Et quand les Mexicains se furent donné leur propre Vierge Noire, en 1531, sous l'invocation
de Notre-Dame de Guadalupe,
le catholicisme fut vraiment adopté dans le pays. Du reste,
c'est sous la bannière de la Vierge
de Guadalupe que les révolutionnaires, plus tard, menèrent
le combat pour l'indépendance.
Là
où les Mexicains pauvres
cherchent l'évasion dans l'alcool, leurs femmes la cherchent
dans la religion. Des siècles d'exactions cléricales
n'ont pas ébranlé la foi des humbles. En devenant
Président de la République, en 1858, Benito
Juárez se jura d'être fidèle tant à
ses origines modestes qu'à ses nobles idéaux en se
vouant à la destruction de ce qu'il appelait « le néfaste
pouvoir des classes privilégiées ». A l'époque,
l'Eglise en était une au premier chef. Elle possédait
d'immenses domaines, couvrant au total une énorme portion
du territoire mexicain, sans parler du pouvoir politique démesuré
qui lui permettait de faire et de défaire les gouvernements. Juárez lutta
pour la nationalisation des biens ecclésiastiques et institua
le mariage civil, entre autres réformes visant à briser
la puissance séculière de la hiérarchie.
Quelles qu'en aient été les coûteuses répercussions
pour lui-même et pour le pays, Juárez réussit dans ses entreprises. Depuis, les Mexicains sont théoriquement libres de leurs opinions religieuses,
et pratiquement aussi solidement catholiques que par le passé.
Pour l'homme, sans doute, sa religion est bien souvent pure formalité.
Né dans l'Eglise, il y est baptisé, marié —
le mariage civil est obligatoire, mais la cérémonie
religieuse presque toujours respectée — et enterré.
Pour le reste, il touche respectueusement son chapeau quand il passe
devant un sanctuaire, sans y pénétrer. Tandis que
l'église est le centre de la vie sociale pour la Mexicaine,
son refuge et sa consolation quand le fardeau de l'existence lui
semble trop lourd à porter.
Juárez lui-même
n'aurait rien à objecter au choix de l'un et de l'autre,
tant que ce choix reste libre. Car c'est pour donner cette liberté-là
au peuple qu'il se battit, lorsqu'il expropria les grands propriétaires
ecclésiastiques. Un autre grand président mexicain, Lázaro Cárdenas,
poursuivait le même but quand il expropria les exploiteurs gringos qui saignaient le pays dans
les années trente.
Afficher la sélection de photos sur La Guadalupe
Croyances au Mexique
En
dépit des professions de foi d'irréligion réaffirmées
par ses dirigeants et de la stricte séparation entre l'Église
et l'État, le Mexique reste très
profondément catholique. Près de 85 % de sa population
se réclame de la confession romaine (10% de protestants).
C’est le deuxième pays au monde par le nombre de ses
fidèles mais le nombre de fidèles tend à décroître
due à l’apparition des sectes.
Farouchement croyants et horrifiés par les cultes sanglants
pratiqués par les Indiens,
les Espagnols se sont efforcés d'extirper des cœurs
les croyances profondes, mais en vain. Les Indiens assimilèrent
les éléments de la religion nouvelle, et, rebaptisant
leurs propres dieux, ils composèrent parfois un amalgame
à leur usage. Très vite, les missionnaires comprirent
et acceptèrent la nécessité de pactiser avec
les religions locales au prix d'un christianisme indianisé.
L'
influence des croyances indiennes au
Mexique
Tout le catholicisme populaire est imprégné
d'éléments d'origine indienne. Et, plus on s'approche
des classes les plus humbles, plus l'amalgame est puissant. Ainsi
est-il difficile de tracer la frontière qui sépare
les rites locaux de ceux qui appartiennent à la foi catholique.
Sous le vernis d'une apparente homogénéité
des pratiques subsiste une réelle hétérogénéité
de croyances. Le christianisme n'a qu'artificiellement supplanté
les cultes indigènes en se contentant de supprimer les rites
les plus barbares et les plus voyants. Le Mexique est parvenu à créer parfois un inextricable et unique
mélange, qui peut sembler être une religion «
pagano-chrétienne ». Ainsi verrez-vous, dans des églises
de village, des saints indiens vêtus comme les membres de
la communauté locale voisiner avec leurs homologues métis
habillés à l'européenne, les seconds étant
presque ignorés des Indiens. Il vous arrivera peut-être
aussi d'assister à ces danses appelées santiagueros.
L'apôtre Santiago, protecteur des "conquistadores"
et héros légendaire, y semble logé dans le
panthéon indien où il est investi des caractères
d'un dieu de la Guerre et du Tonnerre. C'est la raison pour laquelle
l'homme auréolé qui chevauche son cheval de bois,
en brandissant sa redoutable épée contre les «
infidèles », incarne, en fait, celui qui écarte
les esprits maléfiques et la sécheresse. Derrière
le saint on croit voir respirer encore le dieu païen.
Aguardiente
et sang d'oiseau au Mexique
Comme partout, le mysticisme des Indiens se limite aux biens immédiats : santé, pluie pour
des récoltes abondantes, paix entre les siens. Comme d’innombrables
esprits maléfiques et bénéfiques continuent
à hanter les grottes et les forêts, il n'est donc aucune
magie qui ne soit superflue afin de les amadouer. Les Chinantèques et les Cuicatèques (Oaxaca), qui vénèrent
encore le tonnerre, répandent de l'aguardiente sur le sol pour s'assurer de bonnes récoltes, les Mixtèques du sang d'oiseau avant les semailles. Divination, magie, chamanisme
et recours aux hallucinogènes demeurent bien vivants.
Ce ne sont pas les Huichols qui nous contrediront, eux qui pour satisfaire les forces divines
accomplissent un étonnant pèlerinage. Pendant presque
six semaines, ils parcourent 800 à 900 km à travers
le paysage lunaire du désert de San
Luis Potosí en quête de la plante sacrée,
le peyotl. Ce petit cactus sans épine permet, grâce à ses merveilleux effets
hallucinogènes, de communiquer avec les esprits et de pénétrer
la splendeur du sacré.
Véritable « plante de vie », Il assure l'abondance
des moissons et la bénédiction des grandes puissances
du monde. Du succès du pèlerinage dépendent
les heurs et malheurs de la communauté tout entière...
La
mort familière au Mexique
Elle est reçue avec joie !
C'est au moment de la Toussaint que se révèlent les attitudes fondamentales devant
la mort. Indiens et Espagnols
partageaient une communauté de traits à son égard
: fierté, mépris du danger, vision tragique du monde...
Le Mexicain contemporain en a hérité.
La mort familière, la mort de tous les jours n'engendre donc
pas forcément des idées tristes. Et quelle plus belle
occasion que de se retrouver, les vivants et les morts, une fois
par an, pour faire la fête ! Au
Mexique, pendant les jours qui précèdent le 2
novembre, on s'offre des friandises funèbres. On s'échange ces têtes de
morts en sucre que sont les calaveras,
objets symboliques par excellence de la Toussaint
mexicaine. Il est du meilleur goût d'en offrir à
l'être aimé, à ses enfants, à ses parents.
Les plus appréciées sont celles qui sont de taille
réelle et affichent sur un bandeau frontal le prénom
de l'heureux bénéficiaire. Les « pains des morts
» sont de délicieuses brioches rondes au café
décorées de tibias que complètent des galettes
cachant un tibia en guise de fève. On tire les morts comme
on tire les rois !
Les Mexicains s'amusent de la
mort, la raillent dans des mascarades carnavalesques... Avec des
masques grimaçants, des personnages déguisés
en squelettes de papier mâché se livrent avec un humour
macabre à de jubilatoires satires de la société.
Et, pour que la fête soit plus gaie, une musique entraînante
et joyeuse vous emporte tout ce petit monde !
Au soir du 1er novembre, c'est au cimetière qu'on donne rendez-vous aux morts pour y faire la fête et
banqueter sur les tombes. Une fois encore, c'est parmi les populations
indiennes que les rites pratiqués sont les plus saisissants.
Ainsi à Romerillo, dans le Chiapas,
les Chamulas se livrent à
une très étrange cérémonie. Tôt
le matin, les vivants viennent apporter aux morts, en offrandes,
ce qu'ils aimaient et des œillets pour leur rappeler le parfum
de la terre. On leur parle, on les appelle aux sons des guitares
et des accordéons. Toute la nuit, des lanternes brûlent
pour guider le retour des âmes. Les grandes portes qui recouvrent
les tombes seront ouvertes, après une longue attente. Et,
fondues dans l'aube du matin, les âmes peuvent enfin établir
le contact avec les mortels. Ce sont d'interminables discours relatant
tous les menus événements de l'année.
Le "Dia de los Muertos" est organisé selon les rites Mixquiques au Sud de Mexico et dans l’Ile de Janitzio,
deux cérémonies parmi les plus célèbres.
Dans l'île de Janitzio,
au milieu du lac Pátzcuaro,
les Tarasques (purepéchas)
célèbrent aussi une mémorable nuit des morts.
Après une joyeuse kermesse, toutes les femmes s'esquivent
avec leurs enfants pour aller piqueter de bougies un champ que rien
ne désigne comme un cimetière. Là aussi, s'amorce
le long dialogue avec les morts. A Oaxaca,
défile un cortège méditatif suivi de musiciens,
de danseurs, le tout sous des feux d’artifice.
Beaucoup de foyers mexicains installent chez eux, un autel avec
la photo des proches décédés, des fleurs, des
cadeaux et leur nourriture préférée.
Les quatre éléments essentiels de la nature sont présents
dans ces offrandes ou autels :
Le feu, représenté
par des bougies et des cierges : un cierge pour chaque âme,
La terre, représentée
par les fruits nourrissant les âmes,
L’eau, placée
dans un récipient tout le long du chemin afin que les âmes
qui nous visitent puissent s’abreuver jusqu’à
l’arrivée à leur autel,
Le vent, symbolisé
par du papier de chine qui, de par sa légèreté,
se meut au passage de la brise.
Voir
le chapitre sur le jour des morts à Mixquic
La
Vierge de la Guadalupe au Mexique
« La Lupita ! » Qui n'a entendu cette appellation familière ou
vu son effigie mille fois reproduite dans tous les recoins du Mexique ? Un peuple entier vibre à son évocation, tant la
dévotion pour la « Indita » est un phénomène unique qui se confond avec
la notion même de Mexique. La Guadalupe est le symbole de la foi catholique et des cultes
précolombiens, à la fois. C'est l'intime mélange
culturel et racial qui a donné naissance au Mexique.
Le pauvre Juan
Diego, Indien converti qui, un matin de 1531, eut l'apparition
de cette Vierge de sa race l'interpellant sur la colline de Tepeyac,
n'eût jamais imaginé qu'ici prenait source un culte
aussi extraordinaire. L'événement ayant bien entendu
donné une sérieuse impulsion à la conversion
des « païens »,
l'« Indienne » allait bientôt être déclarée
patronne de cette Nouvelle-Espagne qui n'a depuis cessé de l'adorer.
Chaque
12 décembre se déroule en son honneur la plus
grandiose kermesse du Mexique, aussi fétichiste
que catholique. Et, toute l'année, des centaines de milliers
de pèlerins viennent l'implorer en sa basilique,
nouvelle et superbe. Jeunes ou vieux, ils se traîneront sur
des genoux écorchés à travers l'immense parvis,
l'espérance au fond du regard. Car, si on vient la voir de
très loin, si son image veille sur les foyers, les voitures,
les instruments de musique... c'est que d'elle dépend l'échec
ou la réussite. C'est parce que cette petite madone aux yeux
tristes et aux mains pourtant si petites reçoit sans compter
les angoisses et les espoirs de tout un peuple, qui peut tout lui
demander.
Voir
le chapitre sur les quartiers de Mexico (La Vierge de la Guadalupe)
Différentes
religions au Mexique
Le Mexique est un Etat laïc. Séparation
stricte de l’Etat et de l’Eglise. 85% de catholiques,
10% de protestants et moins de 5% de juifs.
C’est un pays qui a été choyé
par le pape Jean Paul II qui s’est rendu 5 fois sur le territoire.
C’est en 1992 que les organisations religieuses ont été
reconnues légalement et que les relations avec le Vatican
ont été instaurées.

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