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La société mexicaine
 Page mise à jour le 11.03.2015
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La population mexicaine

Historiquement parlant, les Mexicains sont une race neuve. Les Conquistadors, leurs ancêtres paternels, les engendrèrent de moitié avec les indigènes de race indienne qui peuplaient cette partie du monde depuis plusieurs milliers d'années : Aztèques, Mayas, Tlaxcalans et autres. Comme leur nom l'indique, les conquérants avaient tendance à s'emparer de ce qu'ils désiraient sans considérer les droits du premier occupant, ni les souhaits des intéressés ; si bien que leurs enfants, en grandissant, nourrirent souvent envers eux le même degré d'affection que les mères — c'est-à-dire le degré zéro. Les Mexicains inventèrent d'ailleurs un nom pour les découvreurs de la Nouvelle Espagne, comme on appelait le Mexique au temps de la colonisation. Ce nom, gachupín, venait d'un mot aztèque signifiant « l'homme-qui-porte-des-chaussures-avec-des-épines-qui-en-sortent » ; les Aztèques, n'ayant jamais vu d'éperons (ni de chevaux) avant l'arrivée des Espagnols, n'avaient pas de terme pour les désigner. Par la suite, le cri de guerre « Muerte a los gachupines ! » (Mort aux gachupines !) rallia régulièrement leurs descendants lors des sanglantes luttes menées par les Mexicains pour s'affranchir du joug espagnol.
Los gachupines, en retour, regardaient comme du bétail leurs rejetons de sang mêlé, fiers au dernier point du pur sang castillan qui coulait dans leurs veines et qui, assurément n'était pas plus pur qu'un autre sang d'Europe, passé, présent ou à venir. Les humiliations répétées, incessantes, qui découlaient de ces relations de supérieur à inférieur, l'institution du péonage, et son renforcement dans tout le pays par les grands propriétaires fonciers espagnols, mille autres circonstances rappelant aux Mexicains que sur leur propre sol, ils n'étaient qu'un degré au-dessus des esclaves indiens, écrasaient tout l'orgueil de race qu'ils pouvaient avoir entretenu.
Mais le même Mexicain, quand il parvenait à se tirer hors du bourbier de la misère et de l'ignorance où tant d'autres métis croupissaient pour toujours, se targuait tout le premier de la pureté castillane de ses ancêtres, en mettant sur le compte du soleil des tropiques la sombre couleur de sa peau. Il n'allait pas jusqu'à se prétendre gachupín : pour en être un il fallait, par définition, être né en Espagne. Il dut se contenter de devenir criollo, un créole, c'est-à-dire un individu de « pure » race espagnole, natif de la Nouvelle Espagne, dignité du haut de laquelle il lui était alors loisible, à son tour, de mépriser la race inférieure des sang-mêlé, ou mestizos (métis), et à plus forte raison les Indiens dont il était le descendant.
portrait du mexicain avec son sombrero Tout cela a évidemment bien changé. Non qu'il n'y ait plus de différences de caste, au Mexique ; le gachupinismo existe toujours, mais il n'a plus le même caractère, il se manifeste par l'orgueil du nom, de la famille, de l'héritage. Chacun, un peu, porte en lui cette tendance, cela semble normal et raisonnable. Mais les valeurs auxquelles les Mexicains attachent du prix, celles qui font leur orgueil sont des valeurs mexicaines enracinées dans le sol natal et ne sont plus importées d'Espagne.
Parlez à un Mexicain de son sang " puro castellano", et vous l'entendrez riposter sur la pureté de votre sang à vous. Avec les générations, d'ailleurs, d'autres sangs d'Europe, d'Afrique ou d'Asie se sont mis à couler dans ses veines. Le résultat, c'est le « puro mexicano », une race aussi pure qu'une autre — qui n'englobe pas les quelques millions d'Indiens vivant dans les territoires du sud et du sud-est de la république mexicaine. La forêt est si dense, dans ces confins, qu'une jeune indienne d'il y a quatre siècles et demi pouvait y échapper aux entreprises des soi-disant conquistadors. Aussi ces indigènes ne se considèrent-ils pas comme des « mexicanos », au sens national du terme. Ils restent Chamulas, Zoques, Huaves, Totonaques, Huastecas. Ils parlent leur langue, s'occupent de leurs affaires, se marient entre eux et ne se frottent guère aux autres Mexicains. Le Mexique est fier de ses Indiens et de leur apport culturel mais ne les soutient pas d’où la révolution des Zapatistes en 1994.



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