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Oaxaca : culture
 Page mise à jour le 11.03.2015
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Un peu de géographie

Mixtèques de la région d'Oaxaca se distinguant par de vêtements blancs aux bords colorés (état d'Oaxaca, Mexique)Oaxaca (prononcé wa-ha-ka) est l’état le plus diversifié du Mexique. Ses montagnes atteignent plus de 3000 m d’altitude, ses grottes, ses belles forêts et vallées ensoleillées, et ses plages font de cet état, un attrait touristique très important. Chaque année, des milliers de tortues marines arrivent sur la côte, pas loin des centres touristes de Puerto Escondido et des Baies de Huatulco où les touristes viennent du monde entier pour passer des vacances dans les eaux chaudes de l’état.
Oaxaca est également riche dans ses traditions et ses coutumes avec une grande diversité de sa population ethnique. Oaxaca est divisé en sept régions : La Cañada, La Costa, La Sierra (comprenant la Sierra Norte et la Sierra Sur), La Mixteca, El Papaloapan, El Istmo, et Los Valles Centrales. Dans cette dernière région, la capitale de l'état, Ciudad Oaxaca de Juárez tient le flambeau.
La réelle présence de sa population indigène avec seize groupes ethniques s’exprimant dans plus de 22 langues et 150 dialectes est un atout indiscutable au maintien des traditions et des coutumes de cet état.

L'état d'Oaxaca, situé au sud-est du Mexique a une superficie de 95 364 km2 représentant 4,8% de celle du Mexique. Il est entouré des états de Puebla et de Veracruz dans le nord, l'état du Chiapas à l'est et l'état de Guerrero à l'ouest.
Il compte près de 3 230 000 habitants dont plus de 408 000 pour sa capitale et 701 000 avec sa banlieue (chiffres 2007).

 Photo ci-dessus : Mixtèques de la région d'Oaxaca se distinguant par de vêtements blancs aux bords colorés
  (état d'Oaxaca, Mexique)

Le nom de l'état "Huaxyaca" veut dire "près du lieu des acacias".


marché de Oaxaca (état d'Oaxaca, Mexique) Dû à sa topographie, Oaxaca présente une variété de climats. Il est chaud et sec dans la région côtière du pacifique, chaud et humide sur le littoral de la côte. A l'intérieur des terres, il est doux mais froid au-dessus de 2 000 m.

Températures moyennes annuelles :
1. Printemps 25°C.
2. Été 28°C.
3. Automne 22°C.
4. Hiver 16°C.

Sur la Côte oaxacane où les destinations touristiques de Puerto Escondido et les Baies de Huatulco sont localisées, la température moyenne est autour de 27°C. Dans la capitale située dans les Vallées Centrales, la température moyenne annuelle est autour de 22°C.

Photo de droite : marché de Oaxaca (état d'Oaxaca, Mexique)

Des 570 municipalités existantes, 418 ont une prédominance indigène et à peu près un tiers de l'état parle une langue originaire.
La majorité des unités de production rurale dans l'état sont collectives ; 44.1% se trouve sous le régime commun, 27.0% sous l'ejidal et 28.5% seulement en propriété privée.

Un peu d'histoire

L'état d'Oaxaca a deux sites déclarés par l'Unesco comme patrimoine de l'humanité : le site archéologique de Monte Albán et le centre historique d'Oaxaca. Cette richesse préhispanique et coloniale est sans commune mesure dans la Méso-Amérique.
Monte Albán était déjà un centre culturel de tout premier ordre, une ville habitée par des sages, des guerriers, des astronomes et des fermiers quand l’époque chrétienne commençait à peine, de l’autre côté de l’atlantique. Les Zapotèques croyaient que l'homme et la nature formaient ensemble la divinité maximale, un lien inséparable dont la relation devrait être le respect mutuel et l’appréciation. Un calendrier solaire de 365 jours marquait le passage des années et des saisons, pendant qu'un autre, un calendrier rituel de 260 jours, chiffrait les secrets de la vie et les périodes dans lesquelles le monde était détruit et renouvelé, comme secoué par un feu cosmique purifiant.

petites filles au marché de Oaxaca (état d'Oaxaca, Mexique)Le déclin de la culture Zapotèque a été suivi par l’arrivée de la culture mixtèque qui, à son tour, a été remplacée par les aztèques, sans toutefois la disparition de la culture. Ces personnages ont élevé des centres de cérémonies, des citadelles et des sites d’enterrements. Les sites archéologiques les plus facilement visités dans les Vallées Centrales sont Monte Albán, Mitlá, Yagul, Lambityeco, Dainzú et Zaachila.
Dès le règne de Moctezuma I (1440-1469), une garnison y était installée et le gouvernement y fut exercé par un Tlacochtecuhtli (commandant militaire) et un Tlacatecuhtli (gouverneur civil).

Photo de gauche : petites filles au marché de Oaxaca (état d'Oaxaca, Mexique)


Quand les Espagnols arrivèrent à Oaxaca, ils rencontrèrent une mosaïque de cultures sur un territoire accidenté habité par des groupes différents dévoués à leurs rituels et traditions. En 1524, Hernan Cortés s'est plaint par lettre au Roi d'Espagne, des obstacles rencontrés pour l’accomplissement de son travail de conquête.
"Cette terre" qu'il dit, en faisant référence aux vallées et montagnes occupait par les mixtèques et les zapotèques "est si montagneuse qu'elle ne peut pas être traversée même à pied". Cortés raconte "qu'il a envoyé deux fois des troupes contre les indigènes et qu’il a été incapable d'obtenir la victoire tellement les guerriers étaient violents et bien armés".
Quelques années plus tard, Cortés, enchanté par Oaxaca, confessera sa passion « pour les mêmes terres qui lui avaient apparues si rugueuses et si sauvages ».

Peu après la conquête de Mexico, Diego de Ordaz y installa en 1521 un poste fortifié appelé "Antequera". En 1529, la petite cité espagnole fut promue par Charles Quint au rang de "Villa" et Cortés reçut le titre de marquis de la Vallée de Oaxaca ainsi qu'une vaste concession de terres que ses descendants conservèrent jusqu'à la Révolution.

marché aux bestiaux dans la région de Oaxaca (état d'Oaxaca, Mexique) Pendant cette période coloniale, Oaxaca joua un rôle prédominant dans le développement de la Nouvelle Espagne. Les grands troupeaux de mouton fournissaient de la laine pour les métiers à tisser de Puebla; les haciendas cultivaient la canne à sucre permettant la fabrication des bonbons les plus célèbres de la vice-royauté; les meilleurs chevaux sur le continent étaient élevés ici ; de l'or a été trouvé; de grands profits ont été faits grâce à la teinture fabriquée à partir du cochinilla du grana (cochenille); et aux ports de Huatulco et de Salina Cruz, sont arrivés les trésors du Pérou, de Guayaquil et du Guatemala ainsi que les soies, textiles et épices chargés depuis les Philippines.
Le développement des villes, des ports, des moulins de sucre et des industries, introduit au moment des gloires et des misères de l’évangélisation, n'a pas bouleversé le vieux système de croyances et la manière de vivre des communautés indigènes qui ont intégré leurs vieilles valeurs en les modifiant à peine, avec les symboles et les pratiques de la nouvelle religion.

Photo de droite : marché aux bestiaux dans la région de Oaxaca (état  d'Oaxaca, Mexique)

De père en fils, le passé préhispanique se transmet siècle après siècle, survit et se manifeste toujours dans les fêtes, les marchés, la musique, les danses, les vêtements, la gastronomie, et à l'importance encore donnée au travail communautaire, aux rites d’échange, à l’aide réciproque et à la relation proche trouvée entre la vie quotidienne et les rituels qui touchent le royaume sacré.

Pendant les guerres d'Indépendance, Oaxaca fut occupée temporairement par les troupes de Morelos qui y fonda sa première fabrique à canons.

C'est dans l'Etat d'Oaxaca que naquirent Bénito Juárez (né à Guelatao) et Porfirio Díaz. La vie édifiante de Benito Juárez commence un peu comme un conte de fée : il était une fois un petit berger zapotèque qui gardait ses moutons dans les collines de Guelatao, petit bourg à 80 km d'Oaxaca. Normalement, il aurait dû passer toute sa vie parmi les cailloux et les agaves de sa colline si un curé ne l'avait remarqué, emmené chez lui comme domestique et commencé à l'instruire dans l'idée de faire du petit benito un séminariste. C'est une de ces innombrables ironies de l'histoire : Juárez, né le 21 mars 1806, instruit et sauvé de l'ignorance, sera le principal meneur du mouvement qui lutta contre la puissance de l'Eglise Catholique. Il abandonna bien vite le séminaire pour la faculté de Droit. Il devint juge, puis se lança dans la politique et fut nommé gouverneur de l'état. Mais il sollicita des fonctions plus hautes et parvint d'abord à se faire élire Président de la Cour Suprême du Mexique et enfin Président de la République. Au départ du dernier Vice-Roi, la seule puissance structurée au Mexique était l'Eglise Catholique ; elle resta l'institution la plus efficace pendant toute la première moitié du XIXème siècle. Au milieu des querelles incessantes des politiciens, l'Eglise seule disposait d'une puissance réelle dont elle faisait, hélas, un usage souvent abusif. Aux environs de 1850, elle était le plus important propriétaire terrien du pays et elle disposait du seul réseau d'enseignement.

jeu de cartes et sièste après le marché (état d'Oaxaca, Mexique) Les libéraux de l'époque, Juárez en tête, comprirent que si le Mexique voulait progresser et se développer, l'Eglise devait, avant tout, rendre à César ce qui appartenait à César. C'est Juárez qui fut l'inspirateur et le principal rédacteur de la Constitution de 1857 et des lois qui retiraient à l'Eglise la plupart de ses biens fonciers, qui limitaient l'immunité dont jouissait le clergé et réglementaient l'autorité des tribunaux ecclésiastiques. Poussée par les Evêques, la droite se rebella et les troubles qui suivirent passèrent à l'Histoire sous le nom de "Guerre de la Réforme", Juárez, alors Président de la Cour Suprême, est appelé au poste de Président de la République, par suite de la démission de Miramon, opposé aux réformes. Les conservateurs sont défaits mais ne s'avouent pourtant pas vaincus. Juárez doit faire face à une situation financière délicate après quatre ans de troubles : il décide de suspendre le remboursement de la dette extérieure du Mexique.

Photo de gauche : jeu de cartes et sièste après le marché
(état d'Oaxaca, Mexique)



La France de Napoléon III se sert de ce prétexte pour intervenir et envoie un corps expéditionnaire qui débarque à Veracruz pour envahir bientôt une bonne partie du Mexique Central. Soutenu par les conservateurs mexicains, Napoléon III offre à l'archiduc Maximilien la couronne du Mexique. Grâce à la présence de l'armée française, Maximilien put avoir un moment l'illusion de gouverner. Juárez se retira avec ses partisans de l'autre côté du Rio Grande, dans la ville frontière qui porte son nom.
C'était un homme rigide, sans humour, qui avait un respect quasi religieux de la légalité ; il refusa donc de se soumettre et de reconnaître la souveraineté de Maximilien qu'il considérait comme un usurpateur. Finalement il triompha. La Guerre de Sécession terminée (côté Etats-Unis), Philip Sheridan fut envoyé par les Américains vers la frontière mexicaine avec une troupe de 50 000 hommes. Napoléon décida alors de ramener son corps expéditionnaire et Maximilien, noble et tragique héros, se retrouva devant un peloton d'exécution, un soir à Querétaro. Juárez réintégra la capitale et la République fut restaurée. La maison où Juárez fut domestique, de 1818 à 1828, est devenu un musée (Museo Casa de Juárez, Garcia Vigil #609) consacré à ce grand patriote. Juárez mourut à son poste en 1872 ; quatre ans plus tard, Díaz devint Président de la République. Il resta plus de 30 ans à la tête du pays, et sa conception pour le moins autoritaire du pouvoir fut le ferment de la grande révolution mexicaine dont Zapata et Villa furent les figures de proue.
Héros de la "Guerre de la Réforme" et des combats contre le Corps Expéditionnaire français, Porfirio Díaz ne montra jamais le moindre respect de la légalité, véritable obsession de Juárez. Ne pouvant obtenir assez de voix pour être élu, il prit la Présidence de la République de force. Il était, indubitablement, un tyran et s'il ne brisa pas l'opposition, c'est qu'elle eut bien garde de se manifester. Au Mexique, il apporta la stabilité, et, avec elle, vint le progrès. Sous Díaz, les grandes haciendas connurent leur âge d'or, et le pays qui auparavant ne produisait que du maïs, diversifia ses cultures et donna du café, de la canne à sucre et des bananes, denrées que l'Europe et l'Amérique du Nord commençaient à réclamer en quantité.


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