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Musiques mexicaines
 Page mise à jour le 11.03.2015
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"Chaque Mexicain est musicien dans l’âme"

Les différentes musiques

ballet Amalia Hernandez à MexicoToutes les fiestas, quelque soit le motif, ont un élément commun : la musique.
La musique, tout comme l’art pictural, a une histoire riche et variée. Les Mexicains ont, semble-t-il un accompagnement musical pour tous les actes de la vie. Le chauffeur fonce au fracas de sa radio portative tandis que le guitariste monte dans l'autobus en grattant son instrument. Le chanteur en haillons, le sombrero fatigué en bataille, débite ses refrains sur la place du marché. Un groupe de Marimba installe ses instruments sous les ombrages d'une avenue résidentielle, joue un premier air, et attend qu'un passant en réclame un autre.

Photo de gauche : ballet Amalia Hernandez à Mexico

Quelques instruments nous enseignent ce qu'était la musique précolombienne : notes aiguës de la chrimia, sonorités de la conque, ou tintement de la huehuetl. Ceux-ci, parmi des centaines d'autres, à vent ou à percussion, témoignent de l’ingéniosité des musiciens d'avant la Conquête. Les Espagnols introduisirent de nouvelles formes musicales et une grande diversité d'instruments à cordes qui se répandirent rapidement jusqu'aux régions les plus reculées du Mexique.
On les trouve partout, parfois transformés suivant le génie de l'artisanat local : des violons rudimentaires Huichols aux mandolines faites d'une courge des Lacandóns. Pendant la période coloniale, des troupes de musiciens et de danse espagnols faisaient des tournées au Mexique. Les romances, les malagueñas, les fandangos de la vieille Espagne prirent ainsi racine et au fil des ans une musique entièrement nouvelle se développa.

groupe de musiciens tlen huicana de Veracruz (harpe Jarocha) Chaque région possède sa musique au même titre que sa cuisine et son artisanat.
Cinq d'entre elles se distinguent par la richesse et la variété de leur répertoire populaire :

l'Etat de Jalisco,
Tierra caliente — terre brûlante, près de la côte, à la lisière de l’Etat de Michoacán,
l'Etat de Guerrero,
la zone côtière de l'Etat de Veracruz, appelée La Jarocha,
le Huasteca, au nord-est, vaste étendue de pays qui comprend des fractions des Etats de Veracruz, Hidalgo, San Luis Potosí, Tamaulipas, Querétaro et Puebla. Chacune a ses
« sones », airs, qui accompagnent des poèmes, ou coplas et souvent aussi une danse — d'ordinaire un zapateado rythmé. Instrumentation, rythme, thèmes musicaux, exécution de la danse varient suivant le lieu.

Photo de droite : groupe de musiciens Tlen Huicana de Veracruz (harpe Jarocha)

Le son jalisciense, originaire de la province de Jalisco, est connu en dehors du Mexique. Il évoque les groupes de mariachis, avec leurs costumes charro boutonnés d'argent et leurs trompettes éclatantes (au propre et au figuré). En fait, cet instrument est d’un apport assez récent. L'instrumentation comprend également violons, la guitarra de golpe, la petite vihuela à quatre cordes (4 à 6 cordes suivant les régions) et le guitarrón — guitare de basse à quatre cordes.
Le mot mariachi, corruption du français mariage, évoque la vocation du groupe à l'origine, à savoir la musique à l'occasion des bals de mariage. Bon nombre de soldats du Corps Expéditionnaire Français de 1863-1867 ne rentrèrent pas au pays pour des raisons diverses.
Epousant des filles du cru, ils voulaient néanmoins un mariage à la mode de leur province française, avec « violoneux » menant le bal. Les orchestres mariachi sont aussi parfois demandés par un amant désireux d'offrir une sérénade nocturne à la dame de ses pensées, au prix du sommeil de tout le voisinage ! C'est de Guadalajara qu'a démarré la coutume du mariachi. La harpe fut remplacée par le guitarrón. Vers 1935 s’ajoutèrent les trompettes qui représentent aujourd’hui la grande caractéristique des mariachis. Cliquez pour consulter leur site et écouter leur musique.

Mariachi, Mexico Mariachi mariachi Mariachi .. Mexico México
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Le Mariachi mexicain est entré au patrimoine culturel immatériel de l’Humanité de l’Unesco. Le vote des 24 membres chargés d’évaluer le dossier dimanche 27 novembre 2011 à Bali a été « positif et unanime » rapporte le quotidien mexicain La Jornada. «L’Unesco a décidé de reconnaître le Mariachi parce qu’il est – entre autre – transmis de génération en génération, qu’il y en a constamment pendant les fêtes religieuses et populaires, et qu’il renforce un sentiment d’identité et de continuité », s’est félicité l’Institut National d’Anthropologie et d’Histoire de la ville de Mexico à l’origine de la demande. D’après l’Unesco les Mariachis transmettent des valeurs qui « encouragent le respect du patrimoine naturel des différentes régions du Mexique et de leur histoire locale, aussi bien en espagnol que dans les langues indigènes ». Arriba México !

Extrait du site de l'Unesco :

Le Mariachi, musique à cordes, chant et trompette

Inscrit en 2011 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

Le Mariachi est à la fois une musique traditionnelle mexicaine et un élément fondamental de la culture mexicaine. Les groupes Mariachis traditionnels, composés de deux musiciens ou plus, portent des costumes régionaux inspirés du costume charro et interprètent un large répertoire de chants sur des instruments à cordes. Les ensembles qui jouent la musique Mariachi « moderne » comprennent des trompettes, des violons, la vihuela et le guitarrón(guitare basse), et peuvent être composés de quatre musiciens et plus. Le vaste répertoire inclut des chants de différentes régions, des jarabes, des menuets, des polkas, des valonas, des scottishes, des valses et des sérénades, en plus des corridos (ballades typiquement mexicaines relatant des histoires de batailles, de hauts faits et d’amour) et des chants traditionnels décrivant la vie rurale. La musique Mariachi moderne a adopté d’autres genres tels que les chants ranchera, le boléro ranchero et même la cumbia de Colombie. Les paroles des chants Mariachi parlent de l’amour de la terre, de la ville natale, du pays d’origine, de la religion, de la nature, des compatriotes et de la force du pays. L’apprentissage à l’oreille est le principal moyen de transmission de la musique Mariachi traditionnelle et le savoir-faire est généralement transmis de père en fils ainsi qu’à l’occasion des événements festifs, religieux et civils. La musique Mariachi transmet des valeurs de respect pour le patrimoine naturel des régions du Mexique et pour l’histoire locale ; la langue employée est l’espagnol et les différentes langues indiennes du Mexique occidental.



portait d'un mariachi On peut voir des mariachis sur la place centrale dans la plupart des grandes villes. A Mexico, leur lieu de rencontre est la Plaza Garibaldi. Le costume traditionnel du « mariachi » est le charro (chapeau, nœud autour du cou, bontonaduras – boutons qui ornent les costumes - botin –botte - et ceinture). Ils sont présents tous les soirs dans la capitale.

Le son de tierra caliente (terre brûlante), du Michoacán, est le précurseur du son jalisciense. Rythme, instrumentation et thèmes sont semblables. Le Jalisco et le Michoacán, contigus, ne formaient sans doute qu'un même ensemble culturel. L'élément caractéristique de beaucoup de ces « sones » est constitué par une grande harpe rustique dont la caisse de résonance sert de tambour, ce qui donne un accompagnement rythmé et fort aux lignes mélodiques des violons, vihuelas et guitarras de golpe.

Photo de gauche : portait d'un mariachi

Le son guerrerense se distingue des autres « sones » par l'adjonction d'un tambour aux instruments à cordes. Ses sources sont nombreuses et, selon la légende, il aurait été également influencé par les chants de marins chiliens naufragés au large des côtes du Guerrero. Ces chants, variantes du « son », portent le nom de chilenas. Le gusto, autre variante, est caractéristique de la région côtière où, lors des fiestas, les danseurs frappent en cadence le sol d'une estrade surélevée, ou artesa.


Le son jarocho, originaire de la côte de Veracruz est la plus riche, la plus répandue de toutes les formes de musique populaire mexicaine. Le mélange de sang africain des habitants de cette région transparaît dans ses rythmes complexes d'origine espagnole. Les poètes du son jarocho sont avant tout des improvisateurs et de nouveaux couplets modernisent sans cesse les chansons traditionnelles.

Le son huasteco et la danse régionale appelée huapango dérivent du fandango espagnol. Les rythmes vifs du violon jarana et la huapanguera à huit cordes accompagnent un zapateado rapide, dansé sur une plateforme de bois surélevée qui résonne comme un tambour sous les pieds des danseurs.

Danza de Viejitos - Jarácuaro, Michoacán - La danse des petits vieux (viejitos) considérée comme très populaire au Mexique qui se danse masquée dans l’Etat de Michoacán.

La Pirekua, chant traditionnel des P’urhépecha

Inscrit en 2010 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

La Pirekua est une musique traditionnelle des communautés autochtones P’urhépecha de l’État du Michoacán, Mexique, que chantent aussi bien les hommes que les femmes. Son mélange de styles divers a des origines africaines, européennes et américaines autochtones, avec des variations régionales identifiées dans 30 communautés P’urhépecha sur 165. Une Pirekua, qui est généralement chantée avec un rythme lent, peut également être présentée dans un style non-vocal en utilisant différents rythmes tels que les sones (3/8) et abajeños (6/8). La Pirekua peut être chantée en solo, en duo ou en trio, ou être accompagnée par des ensembles vocaux, des orchestres à cordes et mixtes (avec des instruments à vent). Les pirériechas (chanteurs et interprètes de Pirekua) sont réputés pour leur créativité et leurs interprétations de chants plus anciens. Les paroles couvrent un large éventail de thèmes allant des événements historiques à la religion, la pensée sociale et politique, l’amour et la cour auprès des femmes, faisant un usage intensif de symboles. La Pirekua sert de moyen de dialogue effectif entre les familles et les communautés P’urhépecha qui la pratiquent, en aidant à établir et à resserrer les liens. Les pirériechas servent aussi de médiateurs sociaux, en utilisant les chants pour exprimer des sentiments et communiquer des événements importants aux communautés P’urhépecha. La Pirekua se transmet traditionnellement par oral, de génération en génération, en conservant son caractère d’expression vivante, marqueur identitaire et moyen de communication artistique pour plus de cent mille P’urhépecha.

Extrait du site de l'Unesco. Voir leur site pour le diaporama et la vidéo.

Le corrido

Le corrido, national plutôt que régional, est une ballade narrative apparentée au roman espagnol, répandue dans presque tout le Mexique. Avant le développement des moyens de communication, les chanteurs de corrido fournissaient une sorte de bulletin d'information musical ; ils transmettaient d'un village à l'autre, les nouvelles courantes. Le corrido s'imposa au cours de la révolution mexicaine. A cette époque les événements se succédaient à une cadence rapide et chaque nouvel exploit de Pancho Villa servait de thème à une ballade.

groupe de jeunes callejoneadas 




  Photo de droite : groupe de jeunes musiciens callejoneadas

 

 

 

 

 

groupe folklorique de San Cristóbal de las Casas (Chiapas,Mexique) 





Photo de gauche : groupe folklorique de San Cristóbal de las Casas (Chiapas, Mexique)

 

 

 

 


 

 



Pour tous les amis de la musique indigène du Mexique, connaissez le projet de la Commission Nationale pour le développement des Villages Indigènes qui cherche à faire connaître, à travers l'internet, les gammes de voix de la diversité culturelle et musicale de toutes les régions du Mexique : .


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