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Histoire : le post-classique
 Page mise à jour le 11.03.2015
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Le Mexique précolombien

Le post-classique

La destruction des grands centres urbains par des peuplades moins civilisées ne conduisit pas à la disparition totale des cultures, mais, comme dans le cas de la conquête romaine de la Grèce, à une acculturation des nouveaux venus. Beaucoup de centres secondaires survécurent à la destruction et les groupes “barbares” finirent par se mélanger aux populations locales pour donner naissance à de nouvelles formes culturelles qui dureront jusqu’à la conquête espagnole. Cette nouvelle période, appelée Post-classique, se caractérise, entre autres, par la survivance de nombreux témoignages oraux qui, recueillis par les Espagnols, sont parvenus jusqu’à nous, mais aussi par la production d’un certain nombre de documents manuscrits, appelés Codex, qui contiennent une grande quantité de renseignements historiques.

A mesure que les villes du centre des terres mayas s'effondraient, les villages se rapprochaient de la côte. Les Mayas se mêlèrent aux Toltèques et à d'autres peuples du centre du Mexique qui migraient vers des cités telles que Chichén Itzá. Les marchands mayas atteignirent les colonies aztèques des côtes du Golfe et du Pacifique à bord de leurs pirogues chargées de peaux de jaguar, de plumes de quetzal, de cacao et d'or.

CODEX : manuscrits faits à la main, le plus souvent en fibres végétales d’agaves ou de peaux d’animaux en formes de bandes allongées et pliées en accordéon; ils étaient exclusivement réalisés par le « tlacuilo », sorte de peintre – scribe qui reproduisait avec beaucoup de soins et de détails, mélant les symboles abstraits et les images naturalistes. Les têtes humaines et animales étaient souvent représentées et les divinités parfois mentionnées. La plupart ont été incendiés durant le XVIème siècle par les Espagnols qui tentaient de convertir les Mayas et les Aztèques au christianisme. Certains ont été épargnés ce qui a permis une reconstitution d’informations importantes. Ils sont les seuls survivants d’un système de lecture-écriture spécifique aux cultures méso-américaines.

codex maya

 

 

Photo de gauche : codex maya

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les Toltèques

vue sur Tula, antique capitale des ToltèquesConduits par leur chef Mixcoatl, les Chichimèques firent leur apparition sur les hauts plateaux. Ces groupes náhuatl occupèrent la vallée de Tula et se mélangèrent aux populations locales otomís. Quetzalcóatl, dont le nom véritable était Topiltzin ce-acatl, fut le fondateur de Tula, la capitale des Toltèques. Cette ville, encore mal explorée, dominait légèrement la vallée. Au centre, une grande place entourée de constructions formait l’ensemble administratif et religieux.

Photo de droite : vue sur Tula, antique capitale des Toltèques

Une de ces constructions, la pyramide dédiée au dieu Quetzalcóatl - Tlahuizcalpantecuhtli, était surmontée d’un temple dont le toit était soutenu par d’énormes colonnes cariatides qui représentent des guerriers toltèques. Plus tard, fut ajoutée, au pied de cette pyramide, une vaste salle hypostyle de 55 m sur 15 m. D’autres éléments typiques de cette période ont été découverts à Tula, en particulier des sculptures, connues sous le nom de Chac Mool, représentant un personnage allongé sur le dos, le torse dressé, les genoux pliés et tenant sur l’estomac un plat pour les offrandes.

Voir le chapitre consacré à Tula

#toltecs #mexico #travel #legos #awesome Los Guerreros Mexique, Puebla, Pyramide de Cholula et l'église Nuestra Señora de los Remedios El_Castillo_Chichen_Itza_Mayan_Toltec_Mexico_Ruins Temple Of The Warriors ( Chichen Itza )
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Un peu d’histoire

Par les textes historiques qui nous sont parvenus, certains affirment que le roi Quetzalcóatl aurait disparu en 999 et que d’autres rois, dont les noms nous sont connus, lui auraient succédé jusqu’à Huémac, qui aurait vécu jusqu’au milieu du XIIème siècle. C’est au cours de son règne que serait survenue la chute définitive de Tula.
Les historiens distinguent cependant deux phases dans le déclin de Tula. La première aurait eu lieu à la fin du règne de Quetzalcóatl, expulsé par les prêtres sacrificateurs de Tezcatlipoca et dont les survivants auraient laissé de fortes influences au Yucatán et au Guatemala; la seconde à la fin du règne de Huémac, au cours duquel un autre groupe náhuatl qui était venu s’installer à Tula, les Nonohualcas-Chichimèques, se soulevèrent contre les derniers Toltèques. Les survivants émigrèrent eux aussi vers le sud et s’en furent renforcer ceux qui, un siècle et demi avant, avaient fui avec Quetzalcóatl.


Au Yucatán

chac mool à Chichen Itzá (Yucatán) L’influence des ToItèques au Yucatán est évidente à partir de l’an 1000. Les Itzas, nom peut-être donné aux Toltèques par les Mayas, s’installèrent sous le commandement de Kukulcán, à Chichén Itzá où ils construisirent une ville qui serait une reproduction de Tula. D’autres villes comme Mayapàn furent bâties par ces étrangers qui, bien souvent, s’installèrent aussi dans les anciennes cités mayas, comme ce fut le cas de la dynastie Xiu qui occupa Uxmal. Pour renforcer leur pouvoir, ils formèrent la Ligue de Mayapán qui dura environ deux siècles. Chichén ltzá fut cependant la ville la plus prospère de la région. La pyramide connue sous le nom de “el Castillo” présente, avec un escalier sur chaque face, une forme complètement différente des pyramides mayas. Le temple des Guerriers, avec ses colonnes d’entrée en forme de serpents dressés, et les salles hypostyles qui entourent la base du temple sur deux côtés, sont nettement de style toltèque, ainsi que le Jeu de Balle avec anneau (tlaxtli). La colonne, introduite alors dans l’architecture du Yucatán, sera adoptée par les Mayas.

Photo de droite : chac mool à Chichen Itzá (Yucatán)

Le Chac Mool sera reproduit en nombreux exemplaires sur le site. Mais, pour des raisons dynastiques, la Ligue de Mayapán sera détruite en 1440 par les Xius et leurs alliés, et bientôt les grandes villes seront abandonnées. Les Itzás se réfugièrent à Tayasal, dans le Petén du Guatemala, où ils résistèrent aux forces espagnoles jusqu’en 1697; les Xius construisirent leurs modestes demeures à Mani et les Cocoms de Mayapán s’installèrent à Tibolon. Seuls les sites de la Côte Caraïbe, occupés par des commerçants, survécurent jusqu’à la conquête espagnole.

représentation des guerriers toltèques (sources :présidence du mexique)Sur les hauts plateaux du Guatemala, où l’influence mexicaine de Teotihuacán était si marquée à Kaminaljuyu, d’autres groupes náhuatl, peut-être partis de Tula, vinrent s’installer à partir du Xème siècle. Ils formèrent de petits royaumes guerriers comme celui des Quichés, dont la capitale était Utatlan, des Cakchiquels à Iximché et des Tzutuhils qui, toujours en dispute, furent rapidement dominés par les Espagnols. Les Quichés nous léguèrent un des livres les plus importants sur les Mayas de cette période : le Popol Vuh « le livre du conseil ».

Photo de gauche : représentation des guerriers toltèques (source : présidence du Mexique)

Le Quetzalcóatl

Le fameux “serpent à plumes”, mage, roi toltèque-chichimèque, messie, ennemi des sacrifices humains, deviendra plus tard un Dieu. C’est vers le Xème siècle qu’il règne sur Tula. Son voisin et ennemi, le roi Tezcatlipoca, lui aussi d’origine divine, le chassa de son trône et de son royaume. Avant de disparaître dans la direction de l’est, Quetzalcóatl promit à ses fidèles de revenir avec le vent de l’ouest, quand « la gerbe d’années me sera favorable ». Cette gerbe, ou cycle de l’ancien calendrier, signifie cinquante-deux ans. Lorsque Cortés homme clair de peau, apparut justement au début d’un cycle aztèque, Moctezuma n’eut aucun doute ; il s’agissait bien de Quetzalcóatl dans une nouvelle incarnation !

Le Jeu de Balle

le fameux serpent à plumes, le Quetzacóatl Le Jeu de Balle appelé « Pok-ta-pok » chez les Mayas Toltèques est étroitement lié au rite à dimension cosmique. C’est un jeu avec deux équipes de sept qui constituait à faire passer une lourde balle de caoutchouc d’un camp à l’autre. Le but du jeu était de faire rebondir la balle dans le camp adverse ou de marquer des points en projetant la balle au travers d’un étroit anneau de pierre. Les joueurs ne pouvaient pas se servir de leurs mains mais plutôt de leurs hanches ou de leurs avant-bras. La dureté et le poids de la balle en caoutchouc rendaient le passage dans l’anneau incertain. La balle ne devait jamais toucher le sol dans son propre camp. Plus qu’un sport, il s’agissait d’un combat cosmique. Renvoyée d’un camp à l’autre, la balle simulait probablement les mouvements du soleil et des planètes. C’était en fait les Dieux qui décidaient les vainqueurs du jeu comme ils décidaient qui serait victorieux à la guerre. Les perdants avaient le privilège d’être sacrifiés, rappelant les origines mythiques de la civilisation Maya et la résurrection du Dieu maïs.


Photo de droite : le fameux serpent à plumes, le Quetzacóatl

Voir le chapitre consacré à Chichén Itzá et à Mayapán

Les Mixtèques

codex mixtèqueAprès la décadence de Monte Albán, les relations avec l’extérieur paraissent se rétablir. De nouveau les produits étrangers circulent dans la vallée. Vers l’an 1000, l’influence des voisins mixtèques se fait sentir et augmente avec le temps. Cette influence ne modifie en rien les coutumes du peuple zapotèque, mais marque profondément celles de son aristocratie. L’architecture conserve les caractéristiques zapotèques des époques antérieures ; seule la décoration s’enrichit, comme on le voit dans les palais de Mitlá, aux murs couverts de grecques de pierre.

Photo de gauche : codex mixtèque

Cependant, cette influence mixtèque finit par se fondre dans le substrat zapotèque à tel point que la langue mixtèque disparaît très vite des vallées centrales. La renommée de l’art mixtèque provient surtout des objets découverts dans la Tombe N° 7 de Monte Albán et à Zaachila.

Venue d’Amérique du Sud, l’orfèvrerie connue chez les Mixtèques un renouveau extraordinaire et la plupart des objets d’or envoyés par les Conquistadors en Europe avaient cette origine.
L’évolution de cette culture fut interrompue vers 1520 par l’arrivée de Cortés.

Voir le chapitre consacré à Mitlá et à Zaachila

Les Aztèques

Originaires de l’Aztlan mythique, les Aztèques voyagèrent durant deux siècles, avant de s’établir dans la vallée de Mexico où, selon les prophéties, un aigle dévorant un serpent sur un cactus leur aurait indiqué l’emplacement de leur ville, appelée Tenochtitlán, fondée en 1325. Vassaux des rois d’Azcapotzalco, les fils de Huitzilopochtli, le dieu de la guerre, conquirent leur indépendance sous le règne d’Itzcoatl et confirmèrent leur expansion colonialiste sous Moctezuma. Parallèlement, les empereurs embellirent leur ville, construisant des temples et des palais somptueux. Les conquêtes atteignirent les côtes du Golfe et du Pacifique jusqu’aux frontières du Guatemala. La richesse et la splendeur de cette ville susciteront l’admiration des Espagnols qui s’en emparèrent le 13 août 1521. Cortés fit exécuter Cuauhtemoc, le dernier empereur aztèque, pendant son expédition au Honduras.

tenochitlán avec ses 200 000 habitants (source : présidence du mexique)


Photo de gauche : tenochitlán avec ses 200 000 habitants (source : présidence du Mexique)

Sur le site www.mexica.net vous trouverez des informations complémentaires sur les différents peuples du Mexique ainsi qu’un dictionnaire et des leçons de náhuatl.

De leur sculpture, malgré les destructions massives perpétrées par les Espagnols il reste suffisamment de pièces pour démontrer la maîtrise des artisans aztèques.





calendrier aztèque au musée d'anthropologie de Mexico La Pierre du Soleil appelée CALENDRIER AZTEQUE en est un bel exemple.

Découverte à la fin du XVIIIème siècle pendant la construction de la cathédrale de la ville de Mexico, elle se trouvait sur la pyramide double de Tenochtitlán dédiée à Tlacoc et Huitzilopotchli, dieux de la pluie et de la guerre, mais aussi dieux de l’Homme nouveau et de la guerre fleurie. Ce disque de basalte de 3,6 m de diamètre et d’un poids de 25 000 kg est couvert de hiéroglyphes résumant l’ensemble des conceptions cosmologiques et chronologiques des anciens Mexicains. Les Aztèques ont fait revivre l’art du masque en pierre, souvent incrusté de pierres dures, qu’avait inauguré l’âge classique de Teotihuacán. Ce disque se trouve désormais au Musée National d’Anthropologie de la ville de Mexico.

Photo de droite : calendrier aztèque au musée d'anthropologie
 de Mexico


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Dix minutes de vidéo sur la vie des Aztèques (sous titrage en espagnol)

 



 

 

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