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La Nouvelle-Espagne
 Page mise à jour le 11.03.2015
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C'est en 1492 que Christophe Colomb toucha terre à Saint-Domingue, dans la mer des Caraïbes. Sur ses traces, les Espagnols colonisèrent les divers archipels des Antilles. En 1517 et en 1518, Hernandez de Cordoba et Juan de Grijalva découvraient simultanément, plus à l'ouest, une autre terre qui n'était pas une île, mais un continent. L'un d'eux débarqua d'abord sur l'avant-poste de Cozumel et baptisa ce monde occidental "Nouvelle-Espagne".

La Conquête

Découvert en 1517 par Francisco Hernandez de Cordoba, le Mexique deviendra objet de la Conquête en 1519. Une expédition espagnole quittait Cuba pour explorer le continent. Elle gagna d'abord la proche péninsule du Yucatán, et de là, l'actuel territoire du Tabasco. Il se trouva sur place un marin espagnol naufragé du nom de Cortés, qui avait eu le temps d'apprendre la langue maya. Il est vrai qu'il avait reçu les leçons d'une princesse indienne parlant aussi le náhuatl - langue des Aztèques et de leurs alliés du plateau central. Cette princesse Malinche - tel était son nom - n'en épousa pas moins Hernan Cortés, le chef de l'expédition, qu'elle aida tout le long des tortueux chemins de la conquête. Le fait est que Cortés et ses conquistadors réussirent un exploit assez exceptionnel. L'expédition ne comptait au départ que 600 hommes et 17 chevaux. Elle avait des canons, des tromblons, des armures, soit un équipement très supérieur à celui des indigènes qu'elle affrontait. Elle était animée, de plus, d'un formidable appétit de butin, sans parler de son zèle pour la Sainte Croix (Veracruz). Dans le camp d'en face, les superstitions et les intrigues jouaient contre l'unité pourtant nécessaire, et sans doute, l'empire aztèque avait atteint son apogée et n'attendait-il plus que l'occasion de s'écrouler. C'est ainsi qu'une poignée d'hommes résolus, en s'emparant de ce riche et vaste territoire, saccagea ses temples, mit son peuple sous le joug, lui imposa la domination espagnole, la religion catholique et la langue castillane, et se saisit d'un fabuleux trésor. Puis, en mêlant leur sang à celui des autochtones, ils semèrent les germes d'une nouvelle race, celle des Mexicains.

cortès et ses troupes Avec 600 hommes, Cortés prit le chemin de Mexico, passant par Tlaxcala qui se rallia à lui. A Cholula, il massacra 3 000 Indiens soupçonnés de conspirer contre lui. Reçu à Tenochtitlán par Moctezuma, il fut hébergé avec ses troupes dans le palais d’Axayacatl, mais se sentant peu sûr dans cette ville immense, il retint l’empereur comme otage.

Durant une courte absence de Cortés qui était allé combattre Narvaez, Pedro de Alvarado provoqua un soulèvement des Indiens. L’empereur fut contraint, du haut d’un balcon, de prononcer une harangue pour calmer son peuple, mais la foule furieuse le lapida. Il mourut quelques jours après. Cuitlahuac organisa ses troupes pour passer à l’assaut. Cortés décida la retraite. La nuit du 30 juin 1520, sous une pluie battante et harcelés par les Indiens, les Espagnols durent battre en retraite. En souvenir de cette défaite, ils l’appelèrent la “Noche Triste” (la nuit triste). Ils se réorganisèrent à Tlaxcala. Cortés fit bâtir 13 bateaux pour traverser les lacs. Cuitlahuac périt et Cuauhtemoc fut élu empereur à sa place. Avec une immense armée d’indiens alliés et, après 75 jours de siège, Tenochtitlán fut conquise le 13 août 1521 et Cuauhtemoc fait prisonnier. La ville de Tenochtitlán fut complètement rasée pour laisser pace à une nouvelle capitale, Mexico, dont la cathédrale fut édifiée avec les pierres du grand teocalli (temple principal) aztèque.

Photo ci-dessus : Cortés et ses troupes



La domination espagnole

D’emblée la conquête du Mexique par les Espagnols prit trois aspects : économique bien sûr, mais aussi religieux et culturel.
Après les troupes débarquèrent les moines franciscains qui, par l’exemple de leur vertu, évangélisèrent les Indiens. Ils fondèrent de nombreuses écoles et prirent la défense des soumis. Bartolomé de Las Casas, évêque du Chiapas, et le juriste Francisco de Vitoria furent leurs grands défenseurs. Bientôt arrivèrent les Augustins et les Dominicains qui entreprirent la conquête spirituelle du pays.
Les Espagnols bâtirent leurs villes souvent sur l’emplacement des villes indiennes, à Mexico, Puebla, Oaxaca, Valladolid, Guadalajara, ou bien la route des gisements argentifères, Guanajuato, San Luis Potosí, Zacatecas, Fresnillo, Durango....

L’administration

L’autorité supérieure était le roi d’Espagne, assisté, depuis 1524, par le Conseil des Indes. Le vice-roi, avec l’appui d’une audience, gouvernait la colonie. Le tribunal de l’inquisition, qui n’avait pas d’autorité sur les Indiens, veillait au respect de la religion. L’Eglise fut organisée par les archevêques et les évêques nommés par les rois d’Espagne, mais les prêtres et les curés étaient créoles et ne disposaient que de rentes très modestes.

L’économie

L’Espagne interdisait le commerce avec les étrangers ainsi que la fabrication de nombreux produits qui devaient être achetés en Espagne. Ces interdictions favorisèrent la contrebande et la piraterie. Les Espagnols introduisirent un grand nombre de produits nouveaux, l’élevage, les animaux de trait, le blé et d’autres céréales, des fruits, le café, la canne à sucre, la cochenille, qui se cultivaient dans les haciendas. L’Europe reçut d’Amérique le maïs, les pommes de terre, le tabac, les avocats, la tomate et le chocolat, entre autres. Mais les Espagnols étaient surtout intéressés par l’or et l’argent dont la production était la plus importante du monde. L’activité économique suscita la construction de grandes routes qui toutes convergeaient sur la capitale.

L’éducation

Des écoles furent fondées pour les enfants indigènes, et c’est à Mexico que les Espagnols fondèrent la première université d’Amérique, en 1553. D’une qualité comparable à celle des universités européennes, elle périclita à la fin de la période coloniale, bientôt supplantée par l’école des Mines. La Nouvelle- Espagne produisit beaucoup d’intellectuels et d’artisans, dont on retrouve les oeuvres dans la littérature, les sciences, l’architecture et les arts.

Les réformes du XVIIIème siècle

Pour lutter contre le pouvoir croissant de l’Eglise, les Bourbons d’Espagne prirent des mesures pour suspendre la construction de nouveaux couvents et l’admission de novices ; ils interdirent, en outre, l’intervention des religieux dans les testaments et les contraignirent à verser les rentes des terres et des bâtiments au trésor royal. Enfin, ils expulsèrent les jésuites de leurs territoires. Les idées libérales, qui avaient entraîné l’indépendance des Etats-Unis et la Révolution française, pénétrèrent peu à peu les colonies espagnoles. Beaucoup pensaient désormais que les réformes devaient être plus profondes.


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Qui sont ces gachupines ?

Au cours des trois siècles de domination sur le Mexique, soixante deux vice-rois nommés per le Roi d’Espagne se succéderont au sommet du gouvernement de la Nouvelle-Espagne. Les plus célèbres restent Antonio de Mendoza, Luis de Velasco, Revillagigedo et Bucareli qui surent gérer harmonieusement ce vaste pays en l’administrant au plus grand profit de l’Espagne, puisque toutes les richesses extraites du sous sol ou produites par les artisans du pays neuf s’en allaient par delà l’Atlantique. A Mexico, le vice-roi était assisté d’une audiencia, une structure qui combinait le pouvoir administratif et judiciaire. Les divisions administratives étaient gouvernées par des corregidores ou des alcades mayores. Ces fonctionnaires étaient des gachupines nommés et envoyés par l’Espagne, au contraire des créoles, nés au Mexique.



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