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L'Indépendance
 Page mise à jour le 11.03.2015
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Une fois établis sur place, les Espagnols s'étaient adaptés au pays qui connut des siècles de relative tranquillité. Les jeunes hommes étaient ardents, ils faisaient l'amour plus souvent que la guerre et la population des métis, plus nombreuse à chaque génération, fit apparaître une nouvelle race qui s'impatientait du statut social jadis imposé par les conquérants. A la fin du XVIIIème siècle, le nombre de mécontents s'accroissait. Les temps étaient venus, pour la Nouvelle-Espagne, de céder la place au Mexique.

De l’Indépendance à la Révolution Mexicaine

Hidalgo, le Père de l’Indépendance

portrait de Miguel HidalgoLes premières étincelles de l’insurrection mexicaine jaillirent d’abord à Valladolid (aujourd’hui Morelia) en 1809, et l’année suivante, à Querétaro, où un petit groupe de créoles préparait un soulèvement. Celui-ci, prévu pour la fin de 1810, fut découvert prématurément à la merci d’une dénonciation. Miguel Hidalgo, curé du village de Dolores, qui faisait partie du complot, sonna alors les cloches, le 16 septembre à l’aube, pour appeler ses ouailles à la révolte. Au cri de “Vive Notre-Dame de Guadalupe, Vive l’Indépendance” et sous la bannière de la Vierge indienne, Indiens et paysans se mettent en marche et s’emparent successivement de Celaya, Guanajuato, Guadalajara et Valladolid (Morelia). Au bout d’un mois, Hidalgo se trouve à la tête d’une armée de 80 000 hommes. Le soulèvement s’étend rapidement, tandis qu’un ancien élève de Hidalgo, le prêtre Morelos, soulève la région d’Acapulco et l’Etat actuel de Guerrero. Mais l’orientation prise par ces soulèvements n’est pas du goût des créoles (Hidalgo supprime l’esclavage et promet aux Indiens la restitution de leurs terres et la suppression du tribut), qui, inquiets, rallient les Espagnols. Le général Calleja reprend les villes du nord, puis taille en pièces armée d’Hidalgo au pont de Calderon. Trahi et livré aux Espagnols, le curé est exécuté à Chihuahua le 31 Juillet 1811.

Photo de droite : portrait de Miguel Hidalgo

Morelos

Mieux organisées, les armées de Morelos se maintiennent dans les montagnes de l'état de Guerrero. Morelos se rend maître des régions situées su sud du bassin de Mexico, jusqu’à la côte du Pacifique et menace la capitale au début de 1812.
Le 6 novembre 1813, après s’être emparé du port d’Acapulco puis de la ville d’Orizaba, le chef révolutionnaire convoque à Chilpancingo le Congrès qui publie “l’acte solennel de déclaration de l’lndépendance”. En octobre 1814, le Congrès, réuni à Apatzingan, vote, toujours sous le patronage de Morelos, la Constitution qui institue la République mexicaine.
Mais le vice-roi Calleja contre- attaque. La campagne militaire, dirigée par le général Iturbide, disperse les troupes rebelles. Morelos fait prisonnier, est fusillé le 22 décembre 1815.
La révolte entre alors dans une période latente. Ce n’est que dans les montagnes que se maintiennent ses noyaux, dont celui de Guerrero était le plus important. Mais le rétablissement, en Espagne, de la Constitution libérale de 1812 par Ferdinand VII en 1820 inquiète l’aristocratie créole au Mexique. Celle-ci, se voyant menacée, commence à considérer l’indépendance comme un moyen de conserver ses privilèges. Iturbide, envoyé par le vice-roi contre Guerrero, s’allie avec ce dernier, et ensemble ils établissent, au printemps 1821, les principes du Plan d’Iguala (maintient de la religion catholique en tant que religion d’Etat, fusion de toutes les races, indépendance du Mexique sous une monarchie constitutionnelle). O’Donoju, le dernier vice-roi d’Espagne au Mexique, est contraint de négocier avec Iturbide (Traité d’Orizaba). Les Espagnols se retirent, laissant face à face créoles, métis et Indiens. Le Mexique, livré à lui-même, devra affronter des problèmes dont les solutions dépassent sa préparation.
Il en résulte que, pendant une longue période, le pays sera gouverné de façon despotique.

Iturbide empereur

Intrigant et ambitieux, Iturbide, soutenu par les conservateurs, se fait proclamer empereur le 1er juillet 1822. Son règne ne durera pas un an.
En gouvernant de manière dictatoriale, il provoque le soulèvement de l’armée qui le force à abdiquer le 19 mars 1823.
Les années qui suivent seront une succession de pronunciamientos entre partisans libéraux et conservateurs, qui porteront au pouvoir et renverseront tout aussitôt divers présidents.

Santa Anna

Dans le renversement d’lturbide, un rôle remarquable fut joué par Santa Anna, un jeune officier dont l’ambition et la cupidité causeront de grandes pertes au Mexique naissant.
Passé maître dans l’art de l’intrigue, du complot et de la trahison, cet “acrobate de la politique” s’empare du pouvoir en 1833. Sa politique de centralisation à outrance provoque la révolte du Texas, dont la population, en majorité d’origine anglo- saxonne, aspire à l’indépendance. Santa Anna dirige personnellement les opérations militaires contre les insurgés, mais vaincu, il est fait prisonnier. Pour acheter sa liberté, il signe, en 1836, un acte reconnaissant l’indépendance du Texas. Le gouvernement mexicain le désavoua, mais ne put faire aucun effort sérieux pour reprendre le territoire.
Le retour au pouvoir des conservateurs n’améliora guère la situation dans le pays. Révoltes et mutineries se succèdent. Ces troubles quasi permanents sont le prétexte d’une intervention française en 1838. Pendant plusieurs semaines, la flotte française bloque le port de Veracruz afin d’obtenir le paiement de leurs indemnités pour les dommages subis. Un des sinistrés étant un pâtissier dont la boutique avait été pillée, les Mexicains baptisèrent cette intervention “la Guerre des petits gâteaux”. Santa Anna profita de cette occasion et prit une part active à la défense de Veracruz, où il perdit une jambe, emportée par un boulet français ; ce boulet lui rendit sa popularité, et la série des pronunciamientos recommença... Réélu à la présidence en 1841, il accumule gaspillages, exigences, extravagances (il fit notamment enterrer en grande pompe dans la Cathédrale de Mexico sa jambe amputée en 1838).
Un an plus tard, un pronunciamiento le chasse et le contraint à l’exil.

Guerre avec les Etats-Unis

L’annexion du Texas par les Etats-Unis en 1845 entraîne inévitablement un conflit entre les deux pays. En moins d’un an, les troupes américaines du général Taylor conquièrent les Etats du Nord-est. Les Mexicains tentent vainement de résister à Los Angeles. Rappelé par la garnison de Veracruz et nommé président grâce aux libéraux, Santa Anna marche contre Taylor, mais il doit se replier. En août 1846, les forces américaines parviennent aux portes de Mexico. Les Mexicains résistent bravement dans les faubourgs de la capitale. Battus, il leur fallut signer la paix. En 1848, par le Traité de Guadalupe Hidalgo, le Mexique renonce au Texas et cède aux Etats-Unis la Californie et la moitié du Nouveau Mexique (soit la moitié de son territoire) contre 15 millions de dollars. Ravagé, appauvri, le pays est aussi profondément divisé. Révoltes et prononciamientos marquent les années qui suivent. En 1863, élu de nouveau président, Santa Anna revient à Mexico, où il se déclare Dictateur perpétuel. Juan Alvarez et lgnacio Comonfort, après de longues luttes, finirent par le chasser définitivement du pays.

La Réforme

Appuyé par une nouvelle génération de libéraux soucieux de rénover la structure économique, sociale et politique du pays, Ignacio Comonfort est proclamé président. Il s’efforce de réconcilier tous les partis et de liquider le passé colonial. Ce mouvement, qu’on appelle la Réforme, était lié à un mouvement intellectuel inspiré par la philosophie française.
Comonfort abolit les tribunaux religieux et militaires en 1856, supprime la propriété collective en matière de biens fonciers. Le clergé se voit contraint de vendre ses terres, mais seuls les riches purent acquérir ces haciendas et payer les taxes.
Quelques soulèvements populaires éclatèrent, dirigés parfois par des catholiques fanatisés (comme Miramon et Mejia). En 1857, une nouvelle Constitution est proclamée, mais le général Zuloaga, partisan des conservateurs, se fait nommer président et abroge les lois de Réforme, ce qui provoque une nouvelle guerre civile. Après trois années de violence, Benito Juárez est élu président. Il laissa un profond impact sur le futur du Mexique. Ses projets et ses visions du futur ont porté leurs fruits pendant plusieurs décades. Il décide la confiscation des biens du clergé, la séparation de l’Eglise et de l’Etat et la suppression des ordres religieux. Ruiné, l’Etat doit suspendre le remboursement de sa dette extérieure. La France, l’Angleterre et l’Espagne décident alors d’intervenir.

Un autre Empire

Alors que l’Angleterre et l’Espagne se contentent finalement d’un compromis, l’armée française, après avoir débarqué à Veracruz, monte jusqu’à Orizaba, puis jusqu’à Puebla qu’elle tente de prendre d’assaut. Elle est repoussée le 5 mai 1862. Cette victoire est célébrée, à présent, chaque année au Mexique comme le "Cinco de Mayo". L’année suivante, grâce à de nouveaux renforts, le général Forey s’empare de Puebla, et finalement occupe Mexico. Mais déjà Juárez organise la défense dans le Nord.
En 1864, l’archiduc Maximilien, frère de l’empereur d’Autriche, accepte le trône que lui proposent les conservateurs mexicains, en accord avec Napoléon III qui, en échange, promet de les soutenir militairement. Partout, les forces de l’Empire sont repoussées par les guerillas juaristes, appuyées par les nordistes américains. Face aux critiques du Corps législatif, à Paris, Napoléon doit finalement céder et retirer ses troupes. Avec sa petite armée de partisans mexicains, Maximilien tentera de résister, mais, encerclé à Querétaro avec les généraux Mejia et Miramon, il doit se rendre. Il est fusillé en 1867. C’est le triomphe de la Réforme.
Juárez meurt en 1872, après avoir écrasé un soulèvement initié par le général Porfirio Díaz, mais les lois de la Réforme sont incorporées à la Constitution en 1874.
L’Archiduc Maximilien d’Autriche, frère cadet de l’empereur François-Joseph, et son épouse, la princesse Charlotte Emilie, fille du roi des Belges, auraient pu connaître la vie sans histoire des cadets de familles régnantes. Le sort, en la personne de Napoléon III, en décida autrement.
Le 24 mai 1864, le couple impérial débarqua à Veracruz, sous la protection des troupes françaises. Mais, aveuglés par le faste de leur mission, Maximilien et Charlotte ne réalisèrent pas immédiatement qu’ils entraient dans le processus aléatoire d’une guerre de conquête.
Bien que libéral, Maximilien restait un Habsbourg. Pétri d’étiquette et persuadé de ses dons politiques, il se heurta à une réalité mexicaine dont il ne saisit pas toute la complexité. Le malentendu ne fit que s’aggraver au cours des années. Poussé par Bazaine, il accepta de cautionner les violences contre les partisans de Benito Juárez.
Lorsqu’elle prit conscience de la gravité de la situation, renforcée par le retrait des troupes françaises, l’impératrice Charlotte entreprit un voyage dans les capitales européennes pour tenter, sans succès, d’obtenir un soutien militaire et financier. Trahi par certains de ses proches, Maximilien fut arrêté, condamné à mort par une cour martiale et exécuté le 19 juin 1867. Charlotte sombra alors dans la folie.


La dictature de Porfirio Díaz

Ce vétéran des guerres de la Réforme et de la lutte contre les Français aspire, lui aussi, à la présidence. N’ayant pas réussi à renverser Juárez, il s’attaque à son successeur, Lerdo de Tejada, au moment où celui-ci annonce sa candidature à une seconde présidence (1876). Au cri de “Suffrage effectif sans réélection”, Díaz occupe Mexico et se fait élire à la présidence qu’il occupera de 1876 à 1880, puis de 1884 à 1911. Son gouvernement sera une longue dictature éclairée qui donnera au pays une période de paix et une apparente prospérité. Un accord secret avec l’Eglise met un terme aux lois anticléricales les plus dures. L’Eglise devient ainsi l’un des soutiens les plus puissants du gouvernement. Les groupes indiens (Yaquis de la Sonora et Mayas du Quintana Roo), qui résistaient au gouvernement central et à la confiscation de leurs terres, sont impitoyablement réprimés et soumis à l’esclavage.

portrait de Porfirio DiazA partir des années 1890, Díaz appuya son gouvernement, dans une certaine mesure, sur les ‘Cientificos’, un groupe composé d’intellectuels et d’hommes d’affaires qui se considéraient comme les adeptes d’Auguste Comte. Ce groupe, dirigé par le ministre des Finances Jose Yves Limantour (d’origine française), élabora un programme de réformes de l’Etat conformément aux nouvelles méthodes techniques. En 1894, pour la première fois depuis l’indépendance, le budget est équilibré. Le crédit du Mexique à l’extérieur s’affermit rapidement et les capitaux étrangers affluent. Le développement des banques et des chemins de fer (la plupart des grandes lignes reliant Mexico aux frontières, aux côtes et aux villes de l’intérieur datent de cette époque), l’essor prodigieux de la production, l’incitation donnée aux affaires par les Cientificos ont facilité ce redressement brillant. Mais à quel prix ! Favorisés à coups de privilèges, de concessions et d’avantages de toutes sortes, les capitaux étrangers firent main basse sur la ville au détriment des intérêts mexicains. En 1910, les trois quarts des mines et plus de la moitié des gisements pétroliers se trouvent entre les mains des grandes entreprises
étrangères, essentiellement nord-américaines.

Photo de gauche : portrait de Porfirio Diaz

Les placements américains au Mexique atteignent plus d’un milliard de dollars, dépassant le capital total possédé par les Mexicains. Les colonies étrangères vivent dans l’isolement, accumulant des richesses qu’elles ne comptent nullement laisser dans le pays. Dans le même temps, l’agriculture demeure totalement négligée et abandonnée à la merci des grands propriétaires qui concentrent les terres d’une manière encore plus odieuse qu’à l’époque coloniale. En 1910, sur la superficie totale des terres cultivables, 97 % étaient entre les mains d’une centaine de personnes. Près de la moitié du Mexique appartenait à moins de trois mille familles. Sur les 10 millions d’habitants formant la population agricole, plus de 9 millions étaient pratiquement sans terre. Les paysans réduits au péonage, les Indiens abandonnés, les ouvriers mal payés, ce fut là le résultat de la “prospérité” obtenue pendant la dictature de Díaz. De nombreuses révoltes, ainsi que des mouvements de grèves ouvrières, éclatèrent, qui furent impitoyablement étouffées par l’armée et la police rurale, composée en grande partie d’anciens hors- la-loi.


 

De la Révolution Mexicaine à l'Epoque Contemporaine

La Révolution

Premier des grands mouvements révolutionnaires du XXème siècle, la Révolution mexicaine prit son essor en 1910 sur la frontière des Etats-Unis, sous l’impulsion d’un jeune homme appartenant à une famille riche et puissante du Nord, Francisco Madero, qui s’était donné pour mission de faire régner au Mexique la liberté et la démocratie. Réfugié au Texas, il y publie, en octobre 1910, le plan de San Luis Potosí, qui appelle à la révolte. Des soulèvements éclatent en novembre dans les Etats du Nord. Pancho Villa, qui s’était taillé une solide réputation en volant du bétail aux grands propriétaires de la région, tient en échec les troupes fédérales. La ville de Ciudad Juárez est prise et un armistice conclu en mai 1911. Quelques jours plus tard, le 25 mai, Díaz donne sa démission et le même jour s’embarque pour l’Europe où il mourra à Paris en 1915.

la révolution mexicaine (source : présidence du mexique)Photo de droite : la révolution mexicaine
 (source : présidence du Mexique)

Francisco Madero est élu président en octobre 1911. Ce grand propriétaire terrien du Nord accéda ainsi, presque sans combat, à la tête de l’Etat. Démocrate convaincu, il ne disposa pas de l’autorité nécessaire pour résoudre le problème crucial de la redistribution des terres et se trouva vite dépassé sur sa droite par les partisans d’un retour aux méthodes du porfiriat, et sur sa gauche par la rébellion paysanne symbolisée par les figures légendaires d’Emiliano Zapata et de Pancho Villa. Ce fut le début de la révolution. Pendant près de vingt ans, la violence et l’anarchie allaient reprendre leurs droits au Mexique.



Vidéo sur l'époque de la Révolution en Amérique latine (commentaires en français)
SUPERBE VIDEO - Le Che Guevarra en milieu de vidéo
Profitant d’une révolte de la garnison de Mexico, le général Huerta, ministre de la Guerre, assassine Madero et s’empare du pouvoir en 1913. Il gouvernera en sanglant dictateur, assassinant les sénateurs qui le critiquent, emprisonnant tous ceux dont il doute de l’obéissance.

Carranza

Après l’assassinat de Madero, dont il était devenu ministre, le gouverneur de l’Etat de Coahuila, Venustiano Carranza refuse de reconnaître le nouveau président. Avec quelques partisans, dont Obregon, dans la Sonora, et Pancho Villa, il prendra la tête du Mouvement Constitutionnaliste. Partout, la rébellion éclate, tandis que les colonnes d’insurgés convergent sur la capitale. Mais la confusion générale règne dans tout le pays. Le 21 avril, les troupes des Etats-Unis occupent sans avertissement préalable ni déclaration de guerre, la région pétrolière de Veracruz. Convaincu de sa défaite, Huerta prend la fuite. Le 15 août, Obregon entre à Mexico avec une partie de son armée. Quelques jours plus tard, Carranza, le chef de la Révolution, arrive à son tour à Mexico pour s’y installer. Mais les ambitions rivales provoquent des dissensions entre le nouveau président, Villa et Zapata.
Chassé de Mexico par les partisans de ces derniers, Carranza établit son gouvernement à Veracruz où, forcé par les circonstances, il publie, le 12 décembre 1914, un décret promulguant la réforme agraire.
La Révolution constitutionnaliste se transformait ainsi en Révolution sociale. Son couronnement fut l’élaboration d’une nouvelle Constitution, toujours en vigueur de nos jours, promulguée à Querétaro le 5 février 1917.
Réélu président, Carranza n’eut pas le temps de faire appliquer cette Constitution. Soutenu par les Américains (dont les sociétés pétrolières étaient menacées par la politique de Carranza) et secondé par le général Calles, Obregon souleva les Sonoriens qui occupèrent Mexico en 1920. Carranza périt sous les balles (tout comme Zapata en 1919 et Villa en 1923) :
assassinat de Zapata (1919)

Photo de gauche : assassinat de Zapata (1919)

Obregon et Calles

La présidence d’Obregon (1920-1924) marqua une nouvelle étape du gouvernement, où les objectifs de la Révolution mexicaine furent en partie appliqués. Doté d’une énergie brutale, Obregon sut établir un gouvernement stable, le premier depuis le régime de Díaz. Ce fut également Obregon qui mit en vigueur pour la première fois plusieurs dispositions de la Constitution de 1917. Sa politique et ses procédés présidentiels serviront de base aux présidents qui lui succéderont. Pendant sa période de présidence, la distribution des terres commença à être appliquée à grande échelle (971 milliers d’hectares furent répartis entre les paysans), mais le gouvernement ne fit rien pour donner à ces derniers les moyens de cultiver la terre.
L’autre mesure très importante qui permit à Obregon de gouverner plus facilement fut son alliance avec la CROM (Confédération régionale ouvrière mexicaine). Subventionnée par l’Etat, cette organisation puissante fournit un important soutien à l’activité gouvernementale.
Après avoir remis, le 1er décembre 1924, le pouvoir au général Calles, son collaborateur le plus proche, Obregon se retira dans sa propriété, dans l’Etat de Sonora. Il revint à la politique en voulant accéder, pour la deuxième fois, à la présidence. Comme la Constitution prohibait la réélection, il réussit à réformer ce principe et fut réélu, mais peu de temps après, le 17 juillet 1928, il fut assassiné au cours d’un banquet dans un restaurant.



Succédant à Obregon en 1924, Plutarco Calles gouverna officiellement jusqu’en 1928, puis, par personne interposée, jusqu’en 1934.
Il augmenta les facultés de la présidence et consolida les prérogatives du pouvoir exécutif. Son énergie indomptable et sa confiance en lui-même lui permirent de dominer le pays. La CROM, principale organisation syndicale, devint plus forte que jamais.
Comme les partis politiques représentant les courants nationaux n’existaient pas, il proclama l’établissement d’un parti officiel, le Parti national révolutionnaire. Et c’est par l’intermédiaire de ce PNR qu’il continua à gouverner le pays après 1928, en faisant désigner pour les élections présidentielles les candidatures du PNR offertes aux hommes qui étaient disposés à exécuter docilement sa politique (ce parti deviendra plus tard le Parti révolutionnaire institutionnel - PRI -, dont le rôle n'est plus prédominant au Mexique depuis l'an 2000).

Lázaro Cárdenas

La période présidentielle du général Cárdenas (1934-1940) ouvrait l’ère de la réalisation pacifique des objectifs posés par la Révolution.
La rupture entre Cárdenas et Calles se produisit en juin 1935 quand celui-ci condamna la protection que le gouvernement accordait aux mouvements des grévistes.
Sous l’influence de cette rupture, une coalition ouvrière fut immédiatement créée qui donna naissance, en février 1936, à la Confédération des Travailleurs du Mexique (CTM), sur laquelle Cárdenas s’appuya pour se débarrasser de Calles (celui-ci fut déporté aux Etats-Unis). Pour Lázaro Cárdenas, l’arme de la rénovation politique était le syndicalisme, dont la tâche, d’après lui, consistait à former la conscience et la responsabilité de la classe ouvrière pour la lier, de façon effective, à la direction des affaires publiques. Sous son gouvernement, la réforme agraire atteignit la mesure révolutionnaire. Durant son mandat, il distribua 17 890 milliers d’hectares aux paysans qu’il aida matériellement en réorganisant le système des banques.
Une autre mesure prise par Cárdenas fut la promulgation de “la Loi d’expropriation” le 23 novembre 1936, qui accordait au président de larges pouvoirs afin d’exproprier les biens privés “pour cause d’utilité publique et bien-être de la nation”. Le 23 juin 1937, Cárdenas ordonna l’expropriation des chemins de fer, mais la démarche la plus importante concerna les compagnies pétrolières britanniques et américaines ; afin de rembourser celles-ci, des quêtes furent organisées dans tout le pays.
Le Mexique, uni comme jamais il ne l’avait été dans la défense de ses droits, vécut des scènes émouvantes : les femmes qui n’avaient pas d’argent apportèrent leurs anneaux, bagues et bracelets, les paysans leurs porcs et leurs poules. Le pays se trouvait au bord de la guerre contre les Etats-Unis, qui fut évitée de justesse.
A la fin de son mandat, et bien que sollicité pour se représenter, Cárdenas refusa d’être réélu, offrant ainsi un bel exemple du respect des lois.

Les successeurs

En 1940, lui succéda Manuel Avial Camacho (1940-1946), dont la présidence marque, deux décennies après la Révolution, la transition vers un gouvernement plus conservateur. Il envoya les troupes mexicaines dans le Pacifique pendant la Seconde Guerre Mondiale. Elle sera le déclencheur du développement de son industrie lourde et légère.
Sous la présidence de son successeur, Miguel Aleman (1946-1952), le Parti révolutionnaire national (PNR) est rebaptisé Parti révolutionnaire institutionnel (PRI). Il poursuivit l’industrialisation, développa le réseau routier, créa l’UNAM, Université Nationale Automne du Mexique. Il permettra le développement du tourisme, la modernisation de l’agriculture, le lancement de grands travaux d’infrastructure tels que les stations hydroélectriques, mena à bien des travaux d’irrigation. Il permettra également l’ouverture de l’Université aux classes moyennes.
Le président suivant, Adolfo Ruiz Cortines (1952-1958) accorde le droit de vote aux femmes dès l’année 1953. Il procède à la dévaluation du peso pour obtenir la parité du dollar.
Adolfo Lopez Mateos (1958-1964) redistribua 120 000 km2 de terres aux petits exploitants et créa un système d’assistance médicale et sociale.
Le Président conservateur Gustavo Diaz Ordaz (1964-1970) privilégia le monde des affaires. Essor important dans les domaines du tourisme et de l’éducation. Croissance annuelle de 6% à cette époque.

Un parti-Etat : le P.R.I. "parti révolutionnaire institutionnel"

Au terme de la Révolution mexicaine et de son million de morts (1910-1920), la Constitution mexicaine institue le mono-partisme. Le Parti Révolutionnaire Institutionnel “gouverne” seul le pays depuis 70 ans. Parti-Etat, le PRI a progressivement intégré toutes les familles sociales du pays, des syndicats paysans aux organisations ouvrières. Tout le corps social est fondu en une infinité de clans qui forme le parti-Etat qui gouverne sans partage l’activité humaine et les 31 Etats de cette fédération et de son District Fédéral, où se tient la capitale, Mexico. L’opposition, depuis des lustres, est une fiction à peine tolérée. Cependant, depuis 1987, sous l’action de l’ex gouverneur du Michoacán, Cuauhtémoc Cardenas, fils du “De Gaulle” Mexicain, Lázaro Cárdenas, un courant démocratique regroupant partis de gauche et d’extrême-gauche, ou démocrates dissidents du PRI, s’est fondu en parti. Cette formation qui présentait M. Cárdenas aux élections de 1988, fut à deux doigts de rompre le pouvoir incontesté du PRI en battant son candidat Salinas de Gortari. Selon de nombreux observateurs, il semble bien que la manipulation électorale et la fraude aient fait pencher le fléau de la balance du côté du candidat du Parti-Etat. Le taux d’abstentions aux élections est de près de 50 % dans ce pays. Les rumeurs de fraudes électorales ont terni l’image d’un parti, qui a perdu sa représentativité face au parti montant « le parti d’action nationale » le PAN, parti de droite dont le candidat V.Fox a remporté les élections de 2000 ainsi que son successeur, le Président Calderón élu en Juillet 2006. Leurs élections mettent fin à plus de 70 ans de
« politique révolutionnaire » et témoignent de la lassitude de la population face à la corruption et à l’impunité du PRI.

Pour résoudre la crise, le gouvernement changea radicalement de politique :

Bientôt le pays ouvre ses frontières aux investissements étrangers. Son économie réintègre le GATT (accord général sur les tarifs douaniers et le commerce devenu depuis l’organisation mondiale du Commerce –OMC-), s’assouplit et progressivement l’Etat choisit la mixité de l’appareil productif : à côté d’un secteur nationalisé “fermé”, un secteur industriel “ouvert” aux investissements privés et étrangers. En 1988, le nouveau Président élu du Mexique, Carlos Salinas de Gortari (1988-1994) va entreprendre un grand plan de développement du pays qui devra s’appuyer sur la modernisation politique du système mais pour cela il faut “négocier” la dette extérieure. Son programme est basé sur les initiatives privées et sur le libre-échange. En juillet 1989, le Mexique obtient un “effacement” de 54 milliards de dollars de sa dette, soit 35 % de ce que “devait” le pays au système bancaire mondial.

Si cette “réduction” apporte de l’oxygène au pays asphyxié, c’est la première fois qu’un accord reconnaît publiquement que la dette ne sera jamais remboursée en totalité, sans pour autant que le pays débiteur soit déclaré insolvable et empêché de recevoir de nouveaux crédits. Le FMI (fond monétaire international) et les Etats Unis sauvent le Mexique de la banqueroute. Le point culminant de la présidence de Carlos Salinas de Gortari sera l’accord de libre-échange nord-américain (ALENA) entré en vigueur le 01er Janvier 1994.

A son arrivée au pouvoir, le nouveau Président Ernesto Zedillo (1994-2000), issu du PRI doit dévaluer le peso. Celui ci perd la moitié de sa valeur. Des milliers de mexicains se retrouvent endettés. De nombreuses PME doivent fermer leurs portes, le chômage est à la hausse, les prix de biens de consommation augmentent de plus de 50%. En conséquence, hausse spectaculaire de la criminalité, méfiance croissante à l’égard du PRI, émigration massive vers les USA (estimation à plus de 2,5 millions de mexicains). La politique de rigueur du Président Ernesto Zedillo a permis de sortir progressivement de la récession. L’Etat s’est engagé dans une nouvelle politique économique : privatisations, déréglementation et ouverture de son commerce extérieur aux investisseurs étrangers, modernisation de son agriculture, réforme du système de sécurité sociale, accroissement de sa production industrielle. A la fin de son mandat en 2000, le pouvoir d’achat national avait presque repris son niveau de 1994.

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Voir pour la suite de la politique, le chapitre consacré à la politique contemporaine


Remarque :

ALENA : accord de libre échange mis en application au 01 Janvier 1994 entre les Etats-Unis, le Canada et le Mexique sur un vaste marché de plus de 440 millions d’habitants avec une mise en place prévue sur 15 ans : suppression progressive des barrières douanières et des limitations sur les échanges commerciaux et les investissements.



 

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