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Missions de la Sierra Gorda
 Page mise à jour le 11.03.2015
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Au Mexique, on trouve dans la Sierra Gorda de l'état de Querétaro, plusieurs monuments d'exception, en dehors du fait que c'est une réserve de biosphère. Le nom de Sierra Gorda désigne une région montagneuse de la Sierra Madre orientale, cordillère qui s'étend du nord au sud en longeant la côte du golfe du Mexique, depuis le nord de Coahuila, à la frontière des Etats-Unis, jusqu'à l'isthme de Tehuantepec qui marque géographiquement le début de l'Amérique centrale.

Extrait du site de l'Unesco : Les missions franciscaines font partie du patrimoine mondial de l'Unesco depuis juillet 2003 -

"Les missions franciscaines de la Sierra Gorda ont été édifiées pendant la dernière phase d'évangélisation de l'intérieur des terres du Mexique, au milieu du XVIIIème siècle, et sont devenues une référence importante pour la poursuite de l'évangélisation et de la colonisation de la Californie, de l'Arizona et du Texas. La façade des églises, richement décorée, est d'un intérêt tout particulier puisqu'elle représente un exemple des efforts créatifs conjoints des missionnaires et des Indios. Les peuplements ruraux qui se sont développés à proximité des missions ont conservé leur caractère vernaculaire. Les cinq édifices religieux se ressemblent. Ils ont été terminés entre 1758 et 1768. Leur style architectural et leur expression spatiale et symbolique semblent correspondre à un même programme, à une même sensibilité et à un même discours. Ils sont le témoignage d'un beau travail d'équipe avec la participation de la population indigène et le reflet du travail missionnaire".

Les cinq missions sont situées dans la région montagneuse de la Sierra Gorda dans l'état de Querétaro, où l'évangélisation a été plus tardive qu'ailleurs. Sur les cinq missions, Santiago de Jalpán (la première construite en 1751-1758) et Nuestra Señora de la Luz de Tancoyol sont établies dans la municipalité de Jalpán de Sierra; Santa Maria del Agua de Landa et San Francisco del Valle de Tilaco se trouvent dans la municipalité de Landa de Matamoros et la mission de San Miguel Concá dans celle d'Arroyo Seco. Jalpán signifie en langue náhuatl "sur le sable" et Tilaco "l'eau noire", Landa signifie en chichimèque "boue" et Tancoyol en langue huaxtèque "lieu de la datte sauvage".

Les missions franciscaines étaient des unités d’organisation complexes, administrées par des moines désireux d’évangéliser les peuples indigènes, de les réunir en congrégations et de leur apporter un enseignement.
Chaque mission devait ériger son église, partir à la recherche des indigènes, les soumettre puis les regrouper dans des huttes autour de l’église. Les missionnaires devaient apprendre la langue autochtone, fournir de la nourriture à la population, leur apprendre des règles de comportement et ensuite seulement les évangéliser. Les cinq missions partagent des éléments similaires quant à leur environnement, la ville et les édifices religieux.
Ainsi, l’environnement offre de splendides paysages montagneux ; l’emplacement stratégique des missions a déterminé le tracé et le développement du peuplement autochtone alentours. Aujourd’hui, ils sont devenus des peuplements ruraux traditionnels.
L’architecture des missions suit un schéma général commun, en dépit de différences individuelles. Leurs
caractéristiques évoquent les couvents du XVIème siècle ; elles comportent généralement un patio, un portail, une
chapelle à ciel ouvert, des chapelles de procession et un cloître. On observe également quelques traits empruntés à
l’art baroque mexicain des XVII et XVIIIème siècles, comme en attestent le plan cruciforme de l’église, la façade sculptée en stuc et l’utilisation d’enduit à la chaux à l’intérieur. Ces dernières caractéristiques sont plus présentes à Jalpán, Landa et Tancoyol, tandis que Tilaco et Concá présentent une conception plus particulière. Ainsi, on n’y trouve pas de chapelle. Les édifices sont bâtis en pierre locale, avec un enduit en plâtre. L’orientation de l’ensemble diffère dans chaque cas ; la façade principale n’est orientée vers l’ouest qu’à Tilaco, tandis que Jalpán est orientée à l’est, Tancoyol au sud et Concá et Landa au sud-est.

La congrégation se réunissant généralement à l’extérieur, l’élévation principale de l’église est donc richement décorée de plantes sinueuses et de fleurs, d’éléments architecturaux fantastiques, d’anges, de figures de la Vierge et des saints, parmi lesquels Saint François. Si la disposition générale du complexe reflète le modèle franciscain, l’esprit et les formes de la décoration font référence aux traditions locales et aux produits locaux, considérés comme des dons à Dieu. Sur le plan artistique, l’ensemble présente un air particulier d’innocence et de naïveté. Stratégiquement, les images étaient
«idéographiques», pour renforcer la portée didactique de la mission. La façade comporte en règle générale trois sections horizontales et trois verticales, formant des panneaux ; à Tancoyol, on dénombre cinq sections horizontales. L’ocre est la couleur dominante.

Par contraste, l’intérieur est beaucoup moins prétentieux ; il présente un enduit en plâtre très simple, et les formes
architecturales de l’autel sont sobres. Une coupole couronne la croisée du transept. Un haut clocher est
rattaché au flanc gauche de l’église. La partie inférieure du clocher est de plan carré et très simple, tandis que la partie
supérieure est richement ornée d’éléments architecturaux.
Quant à la partie résidentielle, sur le flanc droit de l’église, elle possède une entrée voûtée et parfois une galerie de
cloître autour de la cour. Par ailleurs, elle est relativement dépouillée, sans décoration.

Histoire

Le nord de la région de la Sierra Gorda, où se trouvent les missions, fait partie de la région centrale et montagneuse
du Mexique. Jadis, les autochtones prenaient part aux travaux miniers et au commerce, et vivaient dans de petits
peuplements éparpillés au pied des montagnes. La Sierra Gorda formait une barrière naturelle entre les peuples
d’agriculteurs sédentaires et les chasseurs-cueilleurs nomades du nord. À l’époque de l’arrivée des Espagnols,
les autochtones vivaient principalement de l’agriculture. Les Huastec vivaient dans de vastes domaines féodaux et
possédaient une grande expérience de la filature du coton. Les Jonaces vivaient dans des grottes et attaquaient ces
domaines. L’importante tribu des Pames, cultivait le maïs et vivait dans des maisons de branchages ou de feuilles de
palmiers ; peuple docile, ils étaient coopératifs avec les moines.

Au XVIIème siècle, les intérêts politiques et les mines d’argent provoquèrent souvent des conflits armés impliquant les Espagnols et des groupes autochtones, qui ont entraîné la destruction d’une part importante des premières missions.
Au XVIIème siècle, les Franciscains tentèrent de pénétrer plus avant dans le pays, mais ne parvinrent pas à établir une présence permanente. Au XVIIIème siècle, ils obtinrent une nouvelle autorisation, qui aboutit à la décision, en 1744, de fonder cinq missions (Jalpán, Concá, Tancoyol, Landa et Tilaco). Du fait des conflits persistants dans la région, les premières années furent difficiles, retardant la construction des complexes jusqu’en 1750-1751, sous l’égide du frère Junípero Serra. Il a fallu toute la ténacité et la persévérance du frère franciscain pour l'édification de ces cinq joyaux architecturaux de la Sierra Gorda.

La phase de construction s’est étendue sur deux décennies, combinée à un actif travail d’évangélisation de la part des
frères franciscains. À la fin de la période, en 1770, la mission était achevée. La situation politique avait changé
et les missions étaient sécularisées. Au XIXème siècle, les missions pâtirent de rébellions et de conflits armés ; ainsi,
les autels dorés furent détruits. Vers la fin du siècle, les églises furent confrontées à d’autres problèmes ; certaines
images furent remplacées, par exemple dans la partie centrale de la façade de l’église de Jalpán. Au XXème siècle,
la population diminua, et certaines missions furent parfois abandonnées ; d’autres subirent des altérations, comme
c’est le cas des patios de Landa (1966) et de Jalpán (1964).
Néanmoins, elles ont perduré en tant qu’entités religieuses, dominant les peuplements qui s’étaient constitués
alentours et représentant une référence pour la région. Depuis la publication de Monique Gustin en 1969 sur l’art
baroque dans la région de la Sierra Gorda, la sauvegarde de ces chefs d’oeuvre du baroque a suscité un regain
d’intérêt qui a abouti à leur restauration dans les années 1990.

Junípero Serra (1713-1784), prêtre franciscain espagnol qui obtint le titre d’Apôtre de la Californie pour son travail
de missionnaire en Amérique du Nord (béatifié par le pape en 1988) donna l’impulsion à cette phase d’évangélisation.
Il contribua à l’établissement des missions de la Sierra Gorda, où il servit de 1750 à 1758, avant de partir pour le
centre-sud du Mexique (1758-1767). Lorsque l’Espagne commença à occuper l’Alta California (actuelle Californie), Serra se joignit à l’expédition et, fonda la mission San Diego en 1769, la première en Californie.
J.Serra et ses successeurs fondèrent au total 21 missions en Californie, qui devinrent les principaux facteurs de
développement de la région.

 

Justification émanant de l’État partie (Mexique)

Critère i : Les Missions de la Sierra Gorda sont le témoignage de la coexistence culturelle de deux sociétés et
de l’environnement naturel ; sa lecture montre l’échange de valeurs et d’influences entre évangélisateurs et
indigènes. La richesse iconographique des façades de leurs églises est le produit d’un travail créatif commun, et le
fidèle reflet de la spiritualité et la cosmovision des deux acteurs.
Critère ii : Le labeur évangélisateur le plus complexe des franciscains dans toute l’Amérique se reflète dans la
création architectonique et artistique des missions. La réalisation de cet ouvrage d’énorme importance leur a
permis d’affermir l’endoctrinement du nord du Mexique, le long d’un couloir qui se prolonge jusqu’aux parties haute
et basse de la Californie, constituant de cette manière un système culturel de grande importance. Et pourtant les
églises construites dans ces régions n’atteindront ni l’ampleur ni les caractéristiques de celles qui ont été
édifiées dans la Sierra Gorda.
Critère iii : Les cinq missions sont devenues des emplacements d’une énorme valeur culturelle qui ont
réussi à conserver leur tracé et composition spatiale d’origine, et un témoignage évident de l’application d’un
système de domination religieuse du XVIe siècle utilisé au XVIIe siècle. Les portails de style baroque métissé de leurs
églises en sont des témoignages exceptionnels grâce à la richesse de leurs formes et de leurs figures, au coloris et
contenu iconographique, dont la lecture montre l’échange de croyances entre deux cultures. Ils accomplissent en
outre une fonction didactique originale, celle de l’enseignement de la doctrine, tout en transmettant un
message spirituel de grande valeur." (Extrait du texte Unesco)


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