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Chichén Itzá et Ek'Balam
 Page mise à jour le 11.03.2015
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Chichén Itzá

Site archéologique situé dans l'état du Yucatán à 120 km de Mérida sur la route Mérida-Cancun.
Cette ville sacrée était l'un des plus grands centres mayas de la péninsule du Yucatán. Tout le long de son histoire, qui s'étend sur presque mille ans, la ville fut embellie grâce à la contribution de différents peuples. Mayas, Toltèques et Itzás ont laissé sur la pierre des monuments et des oeuvres artistiques, l'empreinte de leur vision du monde et de l'univers.

Il n'est plus possible de monter sur les édifices de Chichén Itzá. Certaines photos ont été prises avant cette interdiction (mise en cause : sécurité et protection du site).

plan de Chichén avec prix des guides officielsChichén Itzá veut dire "la bouche du puits des Itzás". "Chi" pour bouche, "chen" pour puits et "Itzá" pour le nom de la Tribu. Cet important centre cérémonial conjugue grandeur et nature. Selon le livre sacré du Chilam Balaum, ce puits aurait été découvert au Vème siècle de notre ère par les Itzás qui l'auraient abandonné deux siècles plus tard. Cette tribu émigra vers la région de Champotón d'où elle revint, deux siècles et demis plus tard, influencée ou plus exactement accompagnée par les Toltèques pour s'y établir à la fin du IXème siècle, jusqu'aux environs de l'an 1200 après J.-C.
Ces groupes guerriers établirent une ligue entre les chefs des principales familles, les Xius de Uxmal, les Cocoms de Mayapán et les Itzás de Chichén Itzá. Mais ces derniers, trahis par les Cocoms, émigrèrent à nouveau vers le Petén du Guatemala, où ils formèrent à Tayasal, l'actuelle Flores, un Empire indépendant qui résista aux assauts des Espagnols jusqu'en 1697.
Pendant la conquête espagnole, Francisco de Montejo tenta de s'y établir, mais il fut expulsé de Chichén Itzá par les Mayas commandés par Canek.

Photo de gauche : plan de Chichén avec prix des guides officiels




L'endroit dut être habité plus tôt, mais ce n'est que pendant la période classique, du VII au Xème siècles que l'on édifia les premiers ensembles de pierre, tels ceux connus sous le nom de Palais des Nonnes, son annexe et l'église, l'Akak Dzib, le Chichanchob, la Casa del Venado (maison du cerf) et le Temple des Panneaux Sculptés. Ces constructions, contemporaines de celles d'Uxmal, par exemple, leur sont très ressemblantes.

Pendant l'occupation toltèque, de nouveaux monuments furent édifiés, en particulier la pyramide connue sous le nom d'El Castillo, le Groupe des Mille Colonnes incluant le Temple des Guerriers, le Jeu de Balle et les temples annexes, ainsi que le Tzompantli (le mur des crânes), la plate-forme de Vénus, etc..
Après son abandon, Chichén Itzá conserva son caractère sacré et des pèlerinages étaient organisés dans l'ensemble du Yucatán et des provinces voisines pour visiter le puits sacré "dzonot" en maya (cenote dans le langage populaire), et y faire des sacrifices.

La ville sacrée

Chac-Mool sur le sommet du temple des GuerriersChichén Itzá, contrairement à la majorité des sites, ne possède pas de plan d'ensemble. Il est composé de plusieurs unités qui, sur une surface de plus de 5 km2, communiquent entre elles par des chaussées ou "sacbé", sacbeob au pluriel, (chemin pavé ou "blanc"). L'unité dominante est celle des Toltèques, entourée d'une enceinte peu élevée percée de plusieurs entrées. Les constructions réunissent les caractéristiques de l'architecture toltèque : portiques à colonnes, galeries, piliers, colonnes en forme de serpent, sculptures de Chac Mool, sculptures anthropomorphes de type "atlantes", porte-drapeaux, jaguars et aigles en ronde-bosse, tzompantli ou mur des crânes et représentations de Quetzalcóatl, baptisé Kukulcán en maya.

Photo de droite : Chac-Mool sur le sommet du temple
   des Guerriers
(Chichén Itzá, Yucatán, Mexique)


Le chac-mool était un intermédiaire entre l'homme et les dieux. Notez la coupelle destinée à recevoir les sacrifices.

temple des guerriers avec les colonnes (pillastres) au premier plan puis "El Castillo" au second plan (Chichén Itzá, Yucatán, Mexique)Le tzompantli est une construction en bois avec 4 rangées de crânes empalés.
Les Toltèques adorateurs de ce dieu, l'imposèrent aux populations dominées, de même que les rites sanguinaires du sacrifice humain qui contraignaient à la guerre perpétuelle pour la capture des victimes. Leur influence atteignit bientôt la côte des Caraïbes.
Chichén Itzá est considérée par certains comme la "nouvelle Tula", ou même la "grande Tula".

Photo de gauche : temple des guerriers avec les colonnes (pilastres) au premier plan puis "El Castillo" au second plan (Chichén Itzá, Yucatán, Mexique)


La visite du site est conseillée tôt le matin dès l'ouverture, avec deux possibilités d'entrées : entrée principale ou entrée zone centrale à côté de l'hôtel Mayaland.

Si vous venez de l'entrée principale, commencez la visite par le Jeu de Balle avec ses différents temples, le Tzompatli, la Plate-forme des Jaguars et des Aigles, la Plate-forme de Vénus, Le Château, le Cénote Sacré, le Temple des Tables, le Temple des Guerriers (le soleil se lève derrière ce temple), le Groupe des Milles Colonnes, le Marché et les Bains de Vapeur.

plan situé à l'entrée de la zone centrale de ChichénSi vous venez de l'entrée zone centrale située près de l'hôtel Mayaland : commencez par le Cénote Xtoloc et le Akab Dzib, l'Observatoire, le Temple des Panneaux Sculptés, l'Edifice des Nonnes avec son église et son annexe, et les Bains de vapeur. Puis prenez le chemin du Vieux Chichén et au retour, arrêtez-vous à la Maison Colorée, la Maison du Cerf et l'Ossuaire...

Photo de droite : plan situé à l'entrée de la zone centrale de Chichén


Le puits sacré (cenote sagrado)
Ce puits naturel situé au bout d'un chemin de 300 mètres de long part de la Grande Place du Château en direction du Nord. Il a été utilisé uniquement à des fins religieuses, cérémonielles et rituelles, dédié qu'il était, au culte du dieu Chaac, le dieu de la pluie et de l'eau. Il s'agit d'un puits circulaire de 60 mètres de diamètre d'est en ouest et 50 m du nord au sud, dont les murs, quasiment verticaux, tombent de 22 mètres jusqu'à la surface de l'eau, profonde de 20 mètres environ. Le fond est recouvert d'une épaisse couche de boue, et l'eau, du fait de la présence d'algues et de micro-organismes, présente différents tons de verts. Certains murs sont encore dans leur état d'origine, mais dans la partie sud on peut voir que des modifications ont été apportées; une sorte de tribune a été aménagée ultérieurement afin de permettre à des spectateurs d'observer les rites et les cérémonies qui avaient lieu en cet endroit.
Ce puits était considéré comme un lieu sacré, on y réalisait des sacrifices d'enfants, de jeunes filles et de guerriers qui étaient jetés au fond depuis une plate-forme irrégulière disposée sur l'un des bords; à côté de cette plate-forme se trouve un bain de vapeur où les victimes, avant d'être sacrifiées, étaient soumises à un rituel de purification.
Entre 1882 et 1968 des fouilles ont été réalisées au fond du puits par des chercheurs qui ont récupéré des objets de grande valeur et d'importantes pièces archéologiques provenant de différents sites, ce qui prouve la présence de pélerins qui venaient de régions proches de Chichén Itzá ou de terres lointaines d'Amérique Centrale pour déposer des offrandes aux divinités honorées en ces lieux.
Les crânes des sacrifiés, de nombreux os et objets ont été récupérés: grelots d'or et de cuivre, disques en or ciselé représentant des scènes historiques ou religieuses, disques et miroirs de pyrite, perles de jade, boules de copal et de gomme, sculptures de têtes et de queues de serpents, objets en bois tels que petits bancs, manches et un bâton de commandement, porte-étendard en forme de jaguars, anneaux et sandales de cuivre, pierres polies provenant du Jeu de Pelote, vases, récipients en terre et pointes de flèches.
A côté, on trouve les ruines d'un édifice qui fit office de bain de vapeur ou temazcal, utilisé autrefois pour purifier ceux qui seraient ensuite sacrifiés. On y construit aussi une plate-forme qui dépassait du bord, d'où l'on poussait les victimes.

La plate-forme de Vénus
La plate-forme de Vénus à ChichénC'est une structure quadrangulaire de 25 m de côté sur 4 m de hauteur avec un escalier sur chacun des côtés; les rampes sont terminées dans leur partie supérieure par des grandes têtes de serpents à plumes. Sur les murs, des panneaux comportent des bas-reliefs dont les thèmes se rapportent à Vénus, planète étudiée par les astronomes mayas. Les chroniqueurs espagnols rapportent que sur ces plateformes se déroulaient des spectacles. Cette plate-forme est composée de divers éléments : dans les espaces en retrait, Vénus est représentée sortant de la gueule d'un serpent tandis que sur les panneaux en saillie, elle est symbolisée par le signe du mois "pop", des bâtons liés et une stellaire torsadée (fleur en forme d'étoile). Sur les panneaux de la corniche est sculpté un serpent entouré de poissons.

 Photo ci-dessus : La plate-forme de Vénus à Chichén

La plate-forme de Vénus présente, sur chacun de ses côtés, des serpents emplumés et des symboles de Quetzalcóatl-Kukulcán. Aux angles, des glyphes du mois Pop par lequel commençait l'année et des symboles de Vénus, peut-être une représentation de la relation du calendrier solaire avec les cycles de Vénus. Cette représentation symbolique de Quetzalcóatl-Kukulcán fut l'une des plus vénérées par les peuples préhispaniques.



Le Castillo (Kukulcán)
El Castillo, pyramide à neuf corps qui domine l'espace ouvert du centre cérémoniel - Photo prise du Temple des GuerriersCette pyramide de 60 m de côté et 30 m de haut (avec le temps) est la construction la plus imposante. Son antiquité est difficile à calculer, mais les dates estimées par les experts le situent entre les années 650 et 800 de notre ère. Ses caractéristiques sont en rapport avec le calendrier solaire maya. Sur la façade, on peut observer des motifs décoratifs tels que des serpents et des tigres d'influence toltèque, confirmant ainsi l'idée selon laquelle la construction de l'édifice correspond à la période de plein essor de la culture itzá, à l'époque-même durant laquelle la cité de Mayapán dominait la région.

Photo ci-dessus : El Castillo, pyramide à neuf corps qui domine l'espace ouvert du centre cérémoniel
Photo prise du Temple des Guerriers



Un escalier sur chaque face donne accès au temple construit au sommet. Chacun des escaliers se compose de 91 marches qui, au total, sont de 364. En ajoutant la plate-forme supérieure, on obtient le chiffre correspondant aux jours de l'année solaire (365 marches, 52 panneaux : soit un par année du cycle maya). Sur chaque face de la pyramide existent 522 sections de tablero, le nombre d'années du "siècle", et les 9 étages, divisés en deux par l'escalier, donnent les 18 mois de l'année composés chacun de 20 jours.
"El Castillo" à l'équinoxe du PrintempsLes jours de l'équinoxe* (21 mars-22 septembre), l'ombre projetée sur le bord de l'escalier représente le corps d'un serpent qui descend du sommet de la pyramide jusqu'au sol et se prolonge vers les têtes sculptées posées sur le sol. A ces dates, la lumière du soleil forme progressivement de bas en haut, sept triangles lumineux sur la rampe de l'escalier nord-est (à droite sur la photo ci-dessus) jusqu'à dessiner complètement la silhouette du serpent Kukulcán d'une longueur de 34 m.

* 2 jours avant également et un jour après les dates mentionnées.



 Photo de droite : "El Castillo" à l'équinoxe du Printemps



serpents à plumes situés au pied d'un des escaliers du CastilloEl Castillo se situe au centre d'une plaine herbeuse, non loin des colonnes du temple des Guerriers où trône encore la statue de Chac Mool.

 
  Photo de gauche: serpents à plumes situés au pied d'un des escaliers
  du Castillo



L'orientation particulière du "Castillo" n'est pas le fruit du hasard. Elle est déplacée par rapport au nord de 21°12' vers l'est. Elle résulte d'une recherche méticuleuse qui permet un jeu de lumières et d'ombres sans précédent les jours d'équinoxe, environ deux heures avant le coucher du soleil. Les angles des neuf degrés projettent sur l'escalier nord une ombre qui semble donner corps et mouvement aux têtes de serpent se trouvant à sa base.

"Le Chateau" vu du Temple des Guerriers (derrière le Chac-Mool)La pyramide fut bâtie en deux étapes.
Le temple comporte un vestibule dans lequel on pénètre entre deux colonnes en forme de serpents avec la gueule ouverte, leurs corps en sont le fût, les queues soutiennent le linteau de la porte et les têtes en forment la base. La salle intérieure comporte deux pilastres décorés de bas-reliefs soutenant la poutre du toit, un parement en talus, un mur vertical avec une frise entre deux corniches dans la partie supérieure, et trois panneaux. Derrière, une galerie avec trois portes donnent sur les escaliers Sud, Est et Ouest. Sur l'entrée principale se trouve un mascaron du dieu Chaac; le toit est orné de créneaux en forme de coquillages coupés, symbolisant la parure du dieu du vent et sur les jambages sont sculptés des visages de prêtres et de guerriers.
A l'intérieur du Château se trouve une pyramide plus petite qui renferme un autre temple, un trône en forme de jaguar peint en rouge, tacheté d'incrustations de jade, les crocs en silex, les yeux en jade et une sculpture de Chac Mool. L'existence de cette construction à l'intérieur découle de l'habitude de superposer les temples, un plus grand venant recouvrir le précédent à l'issue d'un cycle de 52 ans.

 Photo de droite : "Le Chateau" vu du Temple des Guerriers (derrière le Chac-Mool)
 (Chichén Itzá, Yucatán, Mexique)

 Il n'est plus possible de monter sur les différents édifices. Les photos du haut
  d'un point de vue vers un autre étaient donc possibles avant 2009.

têtes de serpent à plumes au premier plan Sur chacune des quatre faces du Château, un des monuments les plus impressionnants de ce site, se trouvent les grands escaliers qui mènent au temple supérieur. Au départ des rampes situées sur la partie nord sont disposées deux énormes têtes de serpent à plumes, sculptées dans la pierre, la gueule grande ouverte sur des crocs dressés, avec une grande langue décorée de demi-cercles qui rappellent le mouvement du soleil, tout ceci très certainement en rapport avec Kukulcán-Quetzalcóatl.

 

  Photo de gauche : têtes de serpent à plumes au premier plan
   et temple des guerriers au second plan
au coucher du soleil après
 l'équinoxe de printemps  (Chichén Itzá,Yucatán, Mexique)



Le culte rendu aux serpents venimeux comme le cobra et le symbolisme qui s'y rattache ont été un trait des civilisations anciennes; ce fut le cas pour le serpent à sonnettes dans les cultures mésoamériques. Ce culte a été introduit dans la péninsule du Yucatán vers la fin de la période classique par les envahisseurs toltèques qui ont affermi leur pouvoir et imposé leurs conceptions religieuses, artistiques et culturelles ainsi que l'on peut s'en rendre compte en se référant aux édifices et motifs décoratifs de la culture toltèque.

tête de serpent à plumes en bas des escaliers du Château (Chichén Itzá, Yucatán, Mexique)

 

 Photo de droite : tête de serpent à plumes en bas des escaliers
  du Château (Chichén Itzá, Yucatán, Mexique)

 

 

 

 



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