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Campeche : tourisme
 Page mise à jour le 11.03.2015
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les célèbres jípisBécal

Située à 88 km au nord-ouest de la ville de Campeche, sa population est célèbre pour sa production de chapeaux de palme, les célébres Panama ou jípis. Le jípi est la fibre d'une palme naine, très délicate, qu'on doit tisser dans des conditions d'humidité maximum pour éviter qu'elle ne se brise, ce qui explique qu'on le travaille dans des grottes où l'humidité et la chaleur sont constantes. La majorité des familles du village se consacrent à ce délicat travail artisanal.

Photo de gauche : les célèbres jípis


Il y a longtemps que la fibre de sisal est utilisée à des fins vestimentaires. Les Mayas, déjà, en maîtrisaient la technique. Aujourd'hui encore, ils savent nouer de complexes hamacs qui font le bonheur des touristes sur les étals de marchés.

Les Haciendas

A la fin du XVIIIème siècle, Campeche était le district le plus riche de l'intendance du Yucatán, grâce à sa position commerciale, maritime et agricole. La Guerre des Castes (rébellions des mayas péninsulaires dans la deuxième moitié du XIXème siècle) devait changer le panorama, et les haciendas ne retrouvèrent leur prospérité que grâce au sisal.
Les haciendas avaient une maison principale ("casco") - en général de grande taille -, avec des trojes (maisons typiques), des entrepôts, une noria et des champs cultivés. Certaines avaient des bureaux, un magasin et une église. Elles étaient couramment gérées par un administrateur tandis que les propriétaires ne les utilisaient souvent que comme maisons de campagne.
Aujourd'hui, certaines de ces haciendas sont devenues des hôtels de luxe, tandis que d'autres sont ouvertes au public pour des parcours touristiques programmés. Parmi les plus importantes de Campeche, citons :

hamacs du Yucatán Hacienda Uayamon : Hacienda d'élevage au XVIème siècle, elle se développa à la fin du XIXème siècle, en diversifiant sa production (canne à sucre, sisal, maïs et élevage bovin). Ce fut un modèle de production à son époque de splendeur. Elle était à l'avant garde en matière technologique et sociale, car elle disposait d'énergie électrique, chemin de fer, services médicaux et éducatifs pour ses travailleurs. L'ex-hacienda est aujourd'hui un hôtel de Grand Tourisme, situé à 27 km au sud-est de Campeche.

Photo de droite : hamacs du Yucatán

Hacienda de San Luis Carpizo : Aujourd'hui, siège de l'Infanterie Navale, c'était jadis une hacienda importante, tant par sa situation (à 8 km du chef lieu municipal par la route Champotón-Isla Aguada) que par la fertilité de ses terres qui permettaient une vaste production agricole.

Hacienda Blanca Flor : Ancienne hacienda dont les installations furent le théâtre d'événements violents pendant la Révolution (1910-1917). Il reste actuellement une partie de la maison principale, qui sert d'hôtel. Elle est située à 63 km de Campeche.

Plan de l'état de Campeche :

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Le sisal (l'histoire)

Ce sont les espagnols qui donnèrent au sisal une notoriété planétaire. Bien avant que Cortès ne prenne pied à Véracruz, les habitants de Tulum, la "ville de l'aube" plantée face à l'Atlantique, avaient observé les étranges vaisseaux ibères cinglant toutes voiles dehors. A leur bord, Cordoba. Dès 1517, le conquistador avait consigné dans son livre de bord l'existence de cette cité maya aux feux brûlants sur des tours, destinés sans doute à guider les vaisseaux de la petite cité-Etat préhispanique du Nord Yucatán. Il faudra pourtant aux conquérants presque deux siècles pour soumettre les fougueux Mayas, du côté du Guatemala, en 1699. La péninsule du Yucatán offre aux colons espagnols qui y découvrent l'emploi du henequén - nom maya du sisal - l'opportunité d'une industrie florissante. C'est le temps d'explosion du transport maritime et le besoin en cordages est immense, sous peine de ralentir la colonisation du Nouveau Monde. En quelques décennies, le sisal est à l'origine d'immenses fortunes. A la fin du XVIIIème siècle, la prospérité se transforme en véritable boom, grâce à l'incroyable résistance de la fibre du henequén. Au début du XIXème siècle, le Yucatán exporte 80 000 tonnes de sisal par an, soit 90% de la matière première des cordages utilisés dans le monde. Au centre de ce système de production féodal étaient les haciendas au luxe insolent, inspirées des riches demeures "palladiennes" d'Italie.
Jusqu'à l'horizon, les champs d'agave s'alignent, monotones, striés de rails destinés à l'acheminement des wagonnets jusqu'aux séchoirs où la fibre extraite de la plante est suspendue aux fils tendus à l'air libre. A l'apogée de cet or vert, pas moins de mille haciendas officient pour la planète. Des écoles et des églises poussent à proximité des haciendas. Le sisal incarne alors la prospérité d'un Yucatán qui deviendra brièvement une nation indépendante, de 1843 à 1846. C'est l'entêtement des Mayas à ne pas se soumettre aux nouveaux maîtres qui portera le premier coup à la splendeur de domaines implantés sur les terres ancestrales indiennes. En 1847, les Mayas yucatèques initient ce qui demeure à ce jour la plus sanglante des insurrections autochtones depuis la conquête espagnole : la guerre des Castes. Elle va durer jusqu'en 1901. Dans un premier temps, les Mayas récupèrent une partie de leur territoire. Victorieux, ils pillèrent les haciendas avant de se replier sur Tulum et d'autres cités préhispaniques. Ils seront réduits, peu à peu. Les haciendas finiront tant bien que mal par renaître de leurs cendres.
La révolution mexicaine (1910) et la réforme agraire qui l'accompagne porteront le second coup. Et c'est finalement l'invention du nylon qui sera fatale à l'industrie du henequén. Aujourd'hui, à peine une centaine de haciendas cultivent encore le sisal. Les demeures rescapées hébergent quelques prospères familles. Certaines sont devenues des musées. D'autres ont été reconverties en hôtels haut de gamme.

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